Marcel Pilet-Golaz

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Marcel Pilet-Golaz
Illustration.
Marcel Pilet-Golaz.
Fonctions
Conseiller fédéral
Département de l'intérieur (1929)
Département des postes et des chemins de fer
(1er janvier 1930 - 22 février 1940)
Département politique fédéral
(23 février 1940 - 31 décembre 1944)
1er janvier 192931 décembre 1944
Prédécesseur Ernest Chuard
Successeur Max Petitpierre
Président de la Confédération suisse
1er janvier 194031 décembre 1940
1er janvier 193431 décembre 1934
Conseiller national
7 décembre 192531 décembre 1928
Législature 27e et 28e
Biographie
Date de naissance 31 décembre 1889
Lieu de naissance Cossonay
Origine Canton de Vaud
Date de décès 11 avril 1958 (à 68 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Suisse
Parti politique PRD
Diplômé de Université de Lausanne
Profession Avocat
Signature de Marcel Pilet-Golaz

Marcel Pilet-Golaz, né le 31 décembre 1889 à Cossonay et mort le 11 avril 1958 à Paris, est une personnalité politique suisse, membre du Parti radical-démocratique (PRD).

Il devient président de la Confédération, et son discours ambigu du 25 juin 1940 est très mal perçu en Suisse, évoquant une réforme autoritaire de la démocratie.

Biographie

Bourgeois de Château-d'Œx, il obtient son doctorat en droit de l'Université de Lausanne en 1912, puis son brevet d'avocat. Il est ensuite major à l'armée dans un bataillon de fusiliers. Membre du parti radical, il est député au Grand Conseil du canton de Vaud entre 1921 et 1928, puis conseiller national entre 1925 et 1928 où il s'oppose notamment au droit de grève des fonctionnaires en 1926.

Il est élu au Conseil fédéral le 13 décembre 1928 (51e conseiller fédéral de l'histoire) et réélu à quatre reprises (17 décembre 1931, 11 décembre 1935, 13 décembre 1939 et 15 décembre 1943). Il dirige le département de l'intérieur jusqu'en 1930, puis prend la tête du département des postes et des chemins de fer. En 1940, à la suite du décès de Giuseppe Motta, il devient directeur du département politique (département des affaires étrangères) qu'il garde, à l'exception d'un rapide retour au Département des postes et des chemins de fer à la fin de 1940, jusqu'à son départ en 1944. Il est président de la Confédération en 1934 et en 1940 (élections le 6 décembre 1933 et le 6 décembre 1939).

En tant que président de la Confédération, il donne un discours à la nation, alors en pleine crise de confiance à la suite de la capitulation française, le 25 juin 1940, afin de rassurer la population. Ce discours, approuvé par l'ensemble du Conseil fédéral, est ambigu car il parle d'une réforme autoritaire de la démocratie et est très mal perçu par la population. Outre l'admission tacite que la guerre est alors terminée, ce discours ne parle pas du rôle de l'armée et ne contient pas les termes de démocratie ou de neutralité. L'ambiguïté augmente encore lorsqu'en septembre il reçoit des membres du Mouvement national suisse (pro-hitlérien).

Néanmoins, il applique la politique officielle de neutralité et d'indépendance. En tant que chef de la politique extérieure, Pilet-Golaz doit trouver un équilibre entre les exigences allemandes, les demandes des Alliés et la volonté de rester indépendante de la Suisse. La voie qu’il choisit alors, établissant un relativement bon rapport avec le Troisième Reich, fut très contestée, aussi bien pendant qu’après la guerre. Il crée alors le concept de « neutralité active » qui sera repris dans d'autres circonstances aux débuts du XXIe siècle.

Sa tentative d’entrer en contact secret avec l’Union soviétique que le gouvernement n'a jamais officiellement reconnue en 1944 est sèchement refusée par celle-ci qui accuse publiquement le gouvernement suisse de mener une « politique pro-fasciste ». La presse et l'opinion publique rendent Pilet-Golaz responsable de cette politique et le poussent à la démission, ce qu'il fait le 7 novembre 1944. Il se retire alors dans son domaine d'Essertines-sur-Rolle, sans jamais s'expliquer sur son action politique.

Références

  1. Cf. « « Discours radiophonique du Président de la Confédération, M. Pilet-Golaz » », dans la base de données Dodis des Documents diplomatiques suisses, voir aussi Fabienne Regard, Laurent Neury, « Extrait du discours tiré de Mémoire d'une Suisse en guerre » (consulté le 2 janvier 2008)
  2. « Les années de la Seconde Guerre mondiale ont-elles vu naître un «totalitarisme helvétique» ? - Helvetia Historica », Helvetia Historica,‎ 21 novembre 2017 (lire en ligne, consulté le 19 janvier 2018)
  3. Jean-Jacques Bouquet, « Entre les deux camps » (consulté le 2 janvier 2008)
  4. Ron Hochuli, « Marcel Pilet-Golaz, la souveraineté à tout prix » (consulté le 2 janvier 2008)
  5. Géraldine Savary, « Note de lecture: En 1943, la Suisse et l'URSS » (consulté le 2 janvier 2008)
  6. « Aide-mémoire du 1 novembre 1944: « L'Ambassadeur d'Union Soviétique à Londres à la Légation de Suisse à Londres » », dans la base de données Dodis des Documents diplomatiques suisses

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes