Quadri-moment

Dans cet article, nous allons aborder la question de Quadri-moment, qui a fait l'objet de débats et d'analyses dans divers domaines. Quadri-moment est un sujet qui suscite un grand intérêt et a généré différentes positions parmi les experts et le grand public. Tout au long de cet article, nous explorerons en profondeur les aspects pertinents liés à Quadri-moment, ainsi que ses implications dans divers contextes. Nous nous concentrerons sur l'analyse de différentes approches, de recherches récentes et de perspectives qui aideront à mieux comprendre l'importance et la pertinence de Quadri-moment aujourd'hui.

En relativité restreinte, le quadri-moment[1] (ou quadrivecteur impulsion[1] ou quadri-impulsion[2] ou quadrivecteur impulsion-énergie[3] ou quadrivecteur énergie-impulsion[4]) est une généralisation du moment linéaire tridimensionnel de la physique classique sous la forme d'un quadrivecteur de l'espace de Minkowski, espace-temps à 4 dimensions de la relativité restreinte.

Le quadri-moment d'une particule combine le moment tridimensionnel et d'énergie  :

.

Comme tout quadrivecteur, il est covariant, c'est-à-dire que les changements de ses coordonnées lors d'un changement de référentiel inertiel se calculent à l'aide des transformations de Lorentz.

Dans une base donnée de l'espace-temps de Minkowski, ses coordonnées sont notées , dans la base covariante associée, ses coordonnées sont notées et sont telles que .

En relativité restreinte, l'énergie et la quantité de mouvement d'une particule sont les composantes d'un unique quadrivecteur[5],[6],[7],[8] (4-vecteur). Il est surtout connu comme le quadrivecteur énergie-impulsion[N 1] (4-vecteur énergie-impulsion). Il est noté [N 2].

La 4-impulsion d'une particule est un 4-vecteur tangent à la ligne d'univers de la particule[17] et orienté vers le futur[17],[18] ; il est de genre temps dans le cas d'une particule massive[18],[19],[20] et de genre lumière dans celui d'une particule sans masse[18],[20] ; il est non-unitaire[21]. La 4-impulsion totale d'un système isolé de particules est soit un 4-vecteur de genre temps orienté vers le futur, soit un 4-vecteur de genre lumière orienté vers le futur[22] ; ce dernier cas ne se produit que pour un système isolé constitué uniquement de particules sans masse et dont les 4-impulsions sont toutes colinéaires[22]. Les composantes de la 4-impulsion sont homogènes à une quantité de mouvement[17].

Le carré de la pseudonorme du quadrivecteur conduit à la relation d'Einstein[23],[24],[25],[26] :

,

reliant l'énergie, la masse et l'impulsion[26]. Lorsque la masse de la particule libre est non nulle mais que son impulsion est nulle, la relation se réduit à [26]. Lorsque la masse de la particule libre est nulle, comme c'est le cas d'un photon, la relation se réduit à [27]. La relation met en évidence qu'en relativité restreinte, la masse est une grandeur invariante[28],[29],[30],[31] et conservée[29],[31],[32] mais non additive[29],[31],[32],[33],[34],[35].

La 4-impulsion est une des notions introduites par Hermann Minkowski[36],[37],[38].

Dénominations

La dénomination « quadrivecteur énergie-quantité de mouvement » reste usitée[39]. Mais, en raison notamment de sa longueur[40], des auteurs lui substituent celle de « quadrivecteur énergie-impulsion »[12],[13] ou de « quadrivecteur impulsion-énergie »[41]. Cela est discutable car « impulsion » devrait être réservé à « l'action d'une force pendant un court intervalle de temps » et ainsi à « une variation de quantité de mouvement »[40].

Relation avec la quadrivitesse

Nous savions qu'en mécanique classique, la relation entre l'impulsion et la vitesse de la particule non-relativiste est la suivante :

correspond à la masse au repos.

Nous pouvons généraliser ce concept à quatre dimensions en introduisant la quadrivitesse. Pour une particule dotée de masse non nulle mais ayant une charge électrique nulle, le quadri-moment est donné par le produit de la masse au repos et de la quadrivitesse .

En coordonnées contravariantes, on a , où est le facteur de Lorentz et c est la vitesse de la lumière :

Norme de Minkowski : p2

En calculant la norme de Minkowski d'un quadri-moment, on obtient un invariant de Lorentz égal (à un facteur égal à la vitesse de la lumière c près) au carré de la masse au repos de la particule :

Puisque est un invariant de Lorentz, sa valeur reste inchangée par transformations de Lorentz, c'est-à-dire par changement de référentiel inertiel.

En utilisant la métrique de Minkowski :

.

Le tenseur métrique est en fait défini à un signe près. On trouvera dans certains ouvrages la convention au lieu de la convention adoptée dans cet article[N 3]. Les résultats physiques sont évidemment les mêmes quelle que soit la convention choisie, mais il faut prendre garde de ne pas les mélanger.

Interprétation

À l'approximation des faibles vitesses, la composante temporelle de la 4-impulsion se réduit à[42] :

,

où :

À la même approximation, les trois composantes spatiales de la 4-impulsion se réduisent à[45] :

,

qui est l'expression classique de la quantité de mouvement[46].

Vitesse observée

La 4-impulsion permet de définir la vitesse observée d'une particule à partir de la relation[47] :

,

soit :

.

Conservation du quadri-moment

La conservation du quadri-moment dans un référentiel donné[N 4] implique deux lois de conservations pour des quantités dites classiques :

  1. La quantité totale d'énergie est invariante.
  2. Le moment linéaire classique tridimensionnel reste invariant.

On notera au passage que la masse d'un système de particules peut être supérieure à la somme des masses des particules au repos, à cause de l'énergie cinétique. Par exemple, prenons 2 particules de quadri-moment {5 Gev, 4 Gev/c, 0, 0} et {5 Gev, -4 Gev/c, 0, 0} : elles ont chacune une masse au repos de 3 Gev/c2 mais leur masse totale (soit encore la masse du système) est de 10 Gev/c2. Si ces 2 particules entrent en collision et fusionnent, la masse de l'objet ainsi formé est de 10 Gev/c2.

Une application pratique en physique des particules de la conservation de la masse au repos permet, à partir des quadri-moments pA et pB de 2 particules créées par la désintégration d'une particule plus grosse ayant un quadri-moment q, de retrouver la masse de la particule initiale. La conservation du quadrimoment donne qμ = pAμ + pBμ, et la masse M de la particule initiale est donnée par |q|2 = M2c2. En mesurant l'énergie et les 3-moments des particules résultantes, on peut calculer la masse au repos du système des 2 particules qui est égal à M. Cette technique est notamment utilisée dans les recherches expérimentales sur le boson Z dans les accélérateur de particules.

Si la masse d'un objet ne change pas, le produit scalaire de Minkowski de son quadri-moment et de la quadri-accélération correspondante Aμ est nul. L'accélération est proportionnelle à la dérivée temporelle du moment divisée par la masse de la particule:

.

Moment canonique en présence d'un champ électromagnétique

Il est également utile de définir un moment "canonique" (à 4 dimensions), pour des applications en mécanique quantique relativiste : , qui est la somme du quadri-moment et du produit de la charge électrique avec le potentiel (qui est un vecteur à 4 dimensions) :

,

où le 4-vecteur potentiel est une combinaison entre le potentiel scalaire et le potentiel vecteur du champ magnétique :

.

Notes et références

Notes

  1. L'expression « énergie-impulsion » est usuelle[9],[10],[11],[12],[13]. Des auteurs[14] lui préfèrent « énergie-quantité de mouvement » car, en toute rigueur, l'impulsion diffère de la quantité de mouvement[15].
  2. La notation est usuelle[12],[16].
  3. La convention de signe est présente dans Lev Landau et Evgueni Lifchits, Physique théorique, t. 2 : Théorie des champs [détail des éditions], par exemple.
  4. La conservation du quadri-moment signifie que dans un référentiel donné, le quadri-moment total d'un système isolé est conservé. Lorsqu'on change de référentiel, le quadri-moment subit une transformation de Lorentz : . Le nouveau quadri-moment est à son tour conservé dans ce nouveau référentiel, mais n'est pas égal à .

Références

  1. a et b Relativité générale et gravitation de Edgard Elbaz, (ellipse 1986), chapitre IV, §4
  2. Lev Landau et Evgueni Lifchits, Physique théorique, t. 2 : Théorie des champs [détail des éditions], §9
  3. Ch. Grossetête, Relativité restreinte et structure atomique de la matière, Paris, Ellipses, , 320 p. (ISBN 2-7298-8554-4), p. 61
  4. Introduction à la relativité de James H. Smith, InterEditions (1968), (2e édition en 1979 (ISBN 2-7296-0088-4) rééditée par Masson : Dunod - 3e édition - 1997 (ISBN 2-225-82985-3)), chapitre 12
  5. Landau et Lifchitz 1970, chap. II, § 9, p. 44.
  6. Shepherd 2013, VIe partie, chap. 17, sec. 17.3, § 17.3.4, p. 323.
  7. Schutz 2022, chap. 7, sec. 7.3, p. 177.
  8. Vittorio 2022, Ire partie, chap. 2, sec. 2.11, p. 32.
  9. Fillette, Froustey et Roussille 2023, Ire partie, chap. 8, sec. 8.4, § 8.4.2, p. 153, col. 1.
  10. Heyvaerts 2012, chap. 7, sec. 7.6, § 7.6.2, p. 142.
  11. Rougé 2002, chap. 5, sec. 5.1, p. 63.
  12. a b et c Semay et Silvestre-Brac 2021, chap. 9, sec. 9.3, p. 172.
  13. a et b Taillet, Villain et Febvre 2018, s.v. quadrivecteur énergie-impulsion, p. 609, col. 2.
  14. Pérez 2016, chap. 5, sec. I, § I.1, p. 86.
  15. Fillette, Froustey et Roussille 2023, Ire partie, chap. 8, sec. 8.4, § 8.4.2, p. 154, col. 1.
  16. Taillet et Villain Febvre, s.v. quadrivecteur énergie-impulsion, p. 609, col. 2.
  17. a b et c Gourgoulhon 2010, chap. 9, sec. 9.1, § 9.1.1, p. 274.
  18. a b et c Hughston et Tod 1990, chap. 3, sec. 3.2, p. 26.
  19. Semay et Silvestre-Brac 2021, chap. 9, sec. 9.3, p. 179.
  20. a et b Taillet, Villain et Febvre 2018, s.v. genre, p. 336, col. 2.
  21. Schutz 2022, chap. 2, sec. 2.7, p. 48.
  22. a et b Gourgoulhon 2010, chap. 9, sec. 9.2, § 9.2.5, p. 293.
  23. Gourgoulhon 2010, chap. 9, sec. 9.1, § 9.1.2, p. 277.
  24. Meyer 2020, leçon 7, sec. 1, § 1.2, p. 91.
  25. Semay et Silvestre-Brac 2021, chap. 9, sec. 9.3, p. 173.
  26. a b et c Vafa 2021, chap. 1er, sec. 1.7, p. 14.
  27. Pérez 2017, chap. 5, sec. IV, § IV.2, p. 95.
  28. Ansermet 2009, chap. 4, sec. 4.3, § 4.3.1, p. 210.
  29. a b et c Fayngold 2008, chap. 5, sec. 5.6, p. 160.
  30. Okun 1989, sec. 5, p. 631, col. 1.
  31. a b et c Pérez 2016, chap. 5, sec. IV, § IV.4, c), p. 96.
  32. a et b Okun 1989, sec. 5, p. 631, col. 2.
  33. Ansermet 2009, chap. 4, sec. 4.3, § 4.3.4, p. 214.
  34. Lange 2001, sec. II, p. 229.
  35. McQueen 2015, résumé, p. 1373.
  36. Darrigol 2022, chap. 7, sec. 7.4, p. 219.
  37. Gourgoulhon 2010, chap. 9, sec. 9.1, § 9.1.1, n. historique, p. 275.
  38. Walter 2007, § 2, p. 222.
  39. Provost, Raffaelli et Vallée 2019, chap. 4, sec. 4.3, p. 110.
  40. a et b Le Bellac 2015, chap. 4, sec. 4.1, n. 2, p. 54.
  41. Barrau et Grain 2016, chap. 2, sec. 2.2, § 2.2.4, p. 23.
  42. Landau et Lifchitz 1970, chap. II, § 9, p. 42.
  43. Taillet, Villain et Febvre 2018, s.v. énergie de masse, p. 264, col. 1.
  44. Taillet, Villain et Febvre 2018, s.v. énergie cinétique, p. 260, col. 2.
  45. Landau et Lifchitz 1970, chap. II, § 9, p. 41.
  46. Taillet, Villain et Febvre 2018, s.v. quantité de mouvement, p. 611, col. 1.
  47. Landau et Lifchitz 1970, chap. II, § 9, p. 43.

Voir aussi

Bibliographie

Histoire des sciences

Manuels d'enseignement supérieurs

Ouvrages d'introduction

Dictionnaires et encyclopédies

Articles connexes