De nos jours, Senlis (Oise) est devenu un sujet d'une grande pertinence et d'un grand intérêt pour un large éventail de personnes. Avec les progrès de la technologie et la mondialisation, Senlis (Oise) a acquis une plus grande importance dans la société actuelle. Qu'il s'agisse d'un personnage historique, d'un sujet d'actualité ou d'une date emblématique, Senlis (Oise) a capté l'attention d'individus de tous âges et de tous horizons. Dans cet article, nous explorerons en profondeur l'impact de Senlis (Oise) dans différents domaines, ainsi que sa pertinence aujourd'hui et sa projection dans le futur.
Senlis | |||||
![]() Vue générale du centre-ville. | |||||
![]() Blason |
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Administration | |||||
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Pays | ![]() |
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Région | Hauts-de-France | ||||
Département | Oise (sous-préfecture) |
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Arrondissement | Senlis (chef-lieu) |
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Intercommunalité | Communauté de communes Senlis Sud Oise (siège) |
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Maire Mandat |
Pascale Loiseleur (DVD) 2020-2026 |
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Code postal | 60300 | ||||
Code commune | 60612 | ||||
Démographie | |||||
Gentilé | Senlisiens | ||||
Population municipale |
15 238 hab. (2022 ![]() |
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Densité | 634 hab./km2 | ||||
Population agglomération |
16 275 hab. (2022) | ||||
Géographie | |||||
Coordonnées | 49° 12′ 29″ nord, 2° 35′ 15″ est | ||||
Altitude | Min. 47 m Max. 140 m |
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Superficie | 24,05 km2 | ||||
Type | Centre urbain intermédiaire | ||||
Unité urbaine | Senlis (ville-centre) |
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Aire d'attraction | Paris (commune de la couronne) |
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Élections | |||||
Départementales | Canton de Senlis (bureau centralisateur) |
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Législatives | Quatrième circonscription | ||||
Localisation | |||||
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Oise
Géolocalisation sur la carte : Hauts-de-France
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Liens | |||||
Site web | ville-senlis.fr | ||||
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Senlis (prononcé [sɑ̃.lis]) est une commune française, sous-préfecture du département de l'Oise, en région Hauts-de-France. Elle se situe sur la Nonette, entre les forêts de Chantilly et d'Ermenonville au sud, et d'Halatte au nord, à quarante kilomètres au nord de Paris. Ses habitants sont appelés les Senlisiens[1].
De fondation antique, séjour royal durant le Moyen Âge, la cité conserve de sa longue histoire un riche patrimoine et possède plusieurs musées. La vieille ville est constituée d'un ensemble de maisons et ruelles anciennes ceintes de remparts gallo-romains et médiévaux, autour d'une cathédrale gothique. L'ensemble a été préservé par la création en 1962 d'un secteur sauvegardé de quarante-deux hectares. Depuis, la municipalité et les habitants mettent en valeur le patrimoine par la restauration des monuments et de l'habitat ancien et l'organisation de manifestations culturelles, tout en développant une activité économique tertiaire à proximité de l'autoroute du Nord (A1). Senlis fait partie du parc naturel régional Oise-Pays de France.
La ville de Senlis est située à 42 km de Paris, 44 km de Beauvais, 79 km d'Amiens[2]. C'est le centre d'une petite agglomération au sens de l'Insee, à la fois unité urbaine et aire urbaine avec la commune voisine de Chamant[3], comptant ainsi 17 381 habitants[4].
Senlis est géographiquement et historiquement définie comme une ville de Picardie[5]. Elle se situe à l'extrémité occidentale de la région géographique du Valois, mais en tant que ville royale et affranchie, n'entrait pas dans le duché de Valois[6]. Entourée de plaines fertiles riches en limon, elle offre un large paysage de grande culture céréalière. Elle se trouve au carrefour des forêts d'Ermenonville, d'Halatte et de Chantilly, qui constituent un ensemble forestier d'environ 120 km2.
Avec une superficie de 24,05 km2, Senlis est la septième commune la plus étendue parmi les 693 communes de l'Oise[7]. Le point le plus haut de la commune (140 m) se trouve au cœur de la forêt d'Halatte, au poteau du Mont Alta, sur la limite avec la commune d'Aumont-en-Halatte, et le point le plus bas (47 m) se trouve sur les bords de la Nonette, à l'ouest de la ville.
Le territoire communal de Senlis se développe surtout dans le sens nord-sud et ne présente pas une forme homogène : Il se compose de la ville avec ses faubourgs, qui s'étend jusqu'aux limites communales à l'est et à l'ouest ; de plaines agricoles et d'environ 3 km2 des forêts de Pontarmé (composante de la forêt de Chantilly) et d'Ermenonville, au sud ; ainsi que de nombreuses parcelles de la forêt d'Halatte au nord : ce secteur est pratiquement coupé du reste à la lisière de la forêt, où le territoire se rétrécit jusqu'à une extension est-ouest minimale de 1,05 km seulement.
La plus grande extension du nord au sud est de 9,5 km environ. Le point le plus septentrional est le Poteau de Fleurines dans la forêt d'Halatte. Le point le plus méridional correspond au Poteau Neuf en forêt de Pontarmé. L'extension maximale est-ouest du territoire est de 5,56 km. Le point le plus oriental se trouve sur la D 1324 vers Crépy-en-Valois, peu après le rond-point à l'intersection avec la N 330, et le point le plus occidental près de la D 330 vers Creil, au nord-ouest du faubourg des Arènes. En forêt d'Halatte, le développement est-ouest atteint 4,63 km, entre le Poteau des Blancs Sablons, point de rencontre de quatre communes (Senlis, Fleurines, Villers-Saint-Frambourg et Chamant) et le carrefour Bourbon.
Avec Verneuil-en-Halatte au nord-ouest, Senlis partage seulement 1,47 km de limites communales, le long de la route de Fleurines en forêt d'Halatte. Par ailleurs, au poteau d'Auteuil, un peu plus au sud-est, Senlis s'approche de l'église de Fleurines d'un kilomètre seulement. À un autre carrefour de la forêt d'Halatte, le Poteau des Blancs Sablons déjà mentionné, Senlis rencontre la commune de Villers-Saint-Frambourg qui n'est pour autant pas une commune limitrophe au sens strict du terme, car les limites des deux communes ne se touchent qu'en un seul point. Au même endroit, la commune d'Ognon et plus particulièrement son temple gallo-romain de la forêt d'Halatte est proche de moins d'un kilomètre.
Chamant est la commune que Senlis côtoie sur la plus longue distance, soit près de 8 km ; en fait, le territoire de Senlis enveloppe toute la moitié occidentale de cette commune voisine. Deux communes s'approchent considérablement du territoire communal de Senlis au sud, sans pour autant le côtoyer : ce sont Thiers-sur-Thève (au Poteau Neuf, à 690 m) et Fontaine-Chaalis (à 1 055 m, près du poteau de la Victoire).
Le site originel de la ville est un éperon de plateau culminant à 78 m au niveau de la place de la cathédrale. Cet éperon domine de plus de 25 m les vallées de l'Aunette et la Nonette qui se rejoignent en limite Ouest de la commune. Les fonds de ces deux petites rivières qui délimitent le centre-ville vers le sud et vers le nord sont remplis d'alluvions modernes et partiellement de tourbes formées au Néolithique, résultant de marais d'origine ancienne et des mouvements néotectoniques. L'épaisseur de la couche de tourbe est de dix mètres à Senlis, et celle des alluvions autour de huit mètres.
Géologiquement, la région est occupée par un vaste plateau calcaire du Lutétien recouvert de limon en majeure partie, et de lœss dans les glacis agricoles du Valois, comme à l'est du territoire communal de Senlis. Le plateau calcaire monte en pente douce vers le nord. Sur le plateau légèrement surélevé de la butte-témoin qu'est le Mont Alta (140,5 m) dans la forêt d'Halatte, le calcaire remonte presque jusqu'à la surface.
Les parties nord et sud de la commune occupée par les forêts sont couvertes de sables d'Auvers (Bartonien inférieur ou Auversien) qui lui donne un aspect dunaire aux endroits où la végétation est absente. Tandis que les sables d'Auvers et les sables et grès de Beauchamp dominent les forêts de Chantilly et d'd'Ermenonville, ils sont moins présents en forêt d'Halatte où ils se concentrent sur les flancs des buttes-témoins (Mont Alta, butte de Saint-Christophe et Mont Pagnotte).
Toutefois, la partie de la forêt d'Halatte qui se trouve sur le territoire communal de Senlis est entièrement couvert de sables auversiens (à l'exception du plateau du Mont Alta et de l'extrémité nord, au-delà de la route de la Belle-Croix). Plus particulièrement, les sables d'Auvers se trouvent dans les plaines de faible altitude, et les sables de Beauchamp sur les flancs des collines[9].
Le site historique de la ville domine la vallée de la Nonette : c'est une rivière longue de 41 km prenant sa source à Nanteuil-le-Haudouin et se jetant dans l'Oise à Gouvieux. Au nord de ce site, passe un affluent de la Nonette, l'Aunette qui, longue de 14 km, prend sa source à Rully et se jette dans la Nonette à l'ouest de la commune.
Les deux petites rivières traversent des prés humides à de nombreux endroits, dont le petit marais de la Bigüe entre le faubourg Saint-Étienne et le hameau de Villemétrie, arrosé par la Nonette. Par ailleurs, la Nonette se divise en deux bras à l'est de Mont-l'Évêque, qui se rejoignent de nouveau à l'abbaye de la Victoire : une déviation appelée la Sangle passe au pied du château et draine vers elle l'eau des prés humides, permettant ainsi la culture. De l'abbaye de la Victoire jusqu'au sud de Senlis, la Nonette a également été dérivée au Moyen Âge, pour passer devant les remparts de la ville et entrer dans la stratégie défensive. Ici c'est la déviation qui prend le nom de la Nonette, et le ruisseau coulant dans son ancien lit s'appelle la rivière de la fontaine Saint-Urbain, selon une source qui l'alimente.
L'Aunette est alimentée par plusieurs courts ruisseaux à l'est et à l'ouest du faubourg Villevert. Elle forme un étang dans le Parc Écologique à la limité nord-est de la ville, et un autre petit étang à Villevert. Sur la fin de son parcours, à l'ouest du faubourg des Arènes, cette petite rivière présente elle aussi un deuxième bras à la traversée d'un pré humide.
Avec les zones humides des fonds des petites rivières et ruisseaux, contraste la pauvreté en eau des forêts au nord et au sud de Senlis. En forêt d'Halatte, l'on peut trouver sur le Mont Alta l'unique mare forestière permanente du massif. Les différentes fontaines de la forêt d'Halatte ne sont pas d'origine naturelle et ont été aménagées pour les animaux sauvages ; sur le territoire de Senlis existent deux de ces fontaines sur les parcelles 244 et 297, avec des margelles en pierre de taille.
L'approvisionnement en eau potable était problématique à Senlis avant l'adduction de l'eau courante. La Nonette et l'Aunette fournissaient une eau parfois calcaire et séléniteuse qui pouvait incommoder des personnes à l'estomac fragile, mais qui était généralement d'une assez bonne qualité. Dans la ville, il n'y avait qu'un seul puits à livrer une eau de la même qualité, sur la place Notre-Dame. L'eau des autres puits était trop séléniteuse, impropre à la consommation, incapable de faire cuire les légumes ou de dissoudre le savon. De ce fait, la plupart des habitants buvaient l'eau de la Nonette, ce qui n'était pas sans risques sanitaires[10], comme l'on y lavait également le linge.
En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000[11]. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique et le climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (3 °C)[12].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 15 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 677 mm, avec 11,2 jours de précipitations en janvier et 8 jours en juillet[11]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Creil à 9 km à vol d'oiseau[13], est de 11,2 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 662,2 mm[14],[15]. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022[16].
Au , Senlis est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[17]. Elle appartient à l'unité urbaine de Senlis[Note 2], une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centre[Note 3],[18],[19]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune de la couronne[Note 4],[19].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (48 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (48 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (48 %), terres arables (22,1 %), zones urbanisées (18,8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (5,5 %), prairies (4,6 %), zones agricoles hétérogènes (1 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,1 %)[20]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
Si la commune a un très faible risque sismique, elle est exposée à d'autres risques : les ruissellements ou autrement dit, des coulées de boue, pouvant déboucher sur des mouvements de terrain, ainsi que les effondrements de cavités souterraines[21]. Selon l'inventaire des mouvements de terrain et cavités de l'arrondissement de Senlis, 20 % des 465 phénomènes et cavités recensés concernent directement la commune de Senlis. C'est la principale commune concernée par ce type de risques, avec les petits villages de Thiverny et Éméville, la densité de cavités souterraines étant de 3,28 par kilomètre carré. Il s'agit surtout de puits, caves et carrières souterraines, remontant en grande partie au Moyen Âge et étant connus par la recherche archéologique. Senlis ne fait toutefois pas partie des communes les plus touchées par les mouvements de terrain. Des effondrements de la chaussée ont été constatés au 21 rue Sainte-Geneviève et avenue de Compiègne, sur la cour de la DDE, en 2005, et un affaissement cylindrique de l'avenue de Chantilly en 2003[22].
La commune a connu de 1987 à 2021 quatre ruissellements avec inondations, sinistres reconnus catastrophes naturelles avec publication d'arrêtés de reconnaissance de catastrophe naturelle publiés au Journal officiel. Dans un cas, des mouvements de terrain ont accompagné le phénomène[23].
Type de catastrophe | Début | Fin | Arrêté | Parution au J.O. |
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Inondations et coulées de boue | ||||
Inondations, coulées de boue et mouvements de terrain | ||||
Inondations et coulées de boue | ||||
Inondations et coulées de boue |
Comme la plupart des villes ayant eu une importance considérable sous l'Ancien Régime, Senlis présente des faubourgs d'origine ancienne, datant au moins du XIIIe siècle. Ils sont au nombre de quatre, dont les plus importants sont les faubourgs Saint-Martin[24],[g 1] au sud, le long de la route de Paris qui lui donna son impulsion, et le faubourg Villevert[25],[g 2] au nord, qui s'apparente à un hameau rural. Deux autres faubourgs sont ceux des Fontaines des Reines[26], dans la vallée de la Nonette à l'ouest, aujourd'hui devenu le faubourg des Arènes, et Saint-Étienne[27] devant la porte de Meaux au sud-est, aussi connu comme la Bigüe. S'y ajoute un hameau marqué par la présence de plusieurs grandes demeures, Villemétrie (mentionnée dès 1222[g 3]), au sud-est également, près de l'abbaye de la Victoire.
Les faubourgs Saint-Martin et des Arènes ont connu une expansion considérable, le premier dans la première moitié du XXe siècle et le second dans la période de l'après-guerre. Les autres faubourgs se sont agrandis de quelques pavillons particuliers, mais conservent un caractère semi-rural. Villemétrie ne consiste que d'habitations anciennes. Deux autres grands quartiers sont nés dans la deuxième moitié du XXe siècle, Bon Secours et Brichebay. Ces deux quartiers ainsi que le faubourg des Arènes avec le Val d'Aunette comportent de grands ensembles d'immeubles de logements collectifs, bien que le pavillonnaire reste dominant dans les extensions urbaines de Senlis.
Grâce aux larges promenades plantées aménagées au XVIIIe siècle sur l'emplacement des remparts médiévaux au nord du centre-ville ancien, et grâce au fond humide de la vallée de la Nonette au sud, la vieille ville se démarque encore bien des quartiers plus récents avec lesquels elle ne forme pas une masse diffuse comme c'est le cas dans nombre d'autres villes. Au contraire, les zones vertes intermédiaires mettent en valeur la physionomie extérieure du centre historique, et quand on s'en approche à pied, depuis l'extérieur des remparts des Otages ou Bellevue, la vue sur la ville qui s'offre doit être proche de son aspect voici plusieurs siècles.
Le centre ancien de Senlis a une circonférence de 2 600 m environ, avec une extension maximale est-ouest de 1 000 m et nord-sud de 700 m. Ce périmètre, marqué par les remparts et les boulevards extérieurs (cours Thoré-Montmorency, boulevard Pasteur et boulevard du Montauban) n'a pas été dépassé par l'urbanisation jusqu'à la fin du XIXe siècle, à l'exception des faubourgs déjà mentionnés. La rue de la République percée dans les années 1750 sépare une partie du centre historique du reste ; il s'agit du quartier Saint-Vincent qui représente environ 30 % de la surface globale de la vieille ville. Tout au long de cet axe de circulation, la bataille de Senlis (1914) a détruit de nombreuses maisons. La partie principale du centre ancien englobe le cœur gallo-romain de Senlis, au nord ; ici, la concentration de monuments historiques est la plus grande autour de la cathédrale. Il reste à remarquer que l'arrivée du chemin de fer n'a pas entraîné la création de nouveaux quartiers urbains à la Belle Époque, hormis quelques constructions le long des voies existantes ; c'est surtout dans les rues commerçantes du centre et dans le faubourg Saint-Martin que l'on trouve des édifices de cette époque.
De 1968 à 2007, le nombre des logements recensés à Senlis est passé de 3 109 à 7 251, soit une augmentation de 233 %. Près de 40 % des logements correspondaient à des maisons individuelles en 2007, et plus de 60 % à des appartements[28]; depuis 1999, la part des appartements à légèrement augmenté. Cette évolution tout comme la diminution du taux des résidences secondaires, passant de 4,5 % en 1990 au développement maximum à 1,2 % en 2007, reflète l'augmentation du prix de l'immobilier et la pression immobilière. Ainsi, le taux des logements secondaires est inférieur à la moyenne départementale, qui est de 3 % pour 2007. Parmi les occupants des résidences principales, 41,4 % sont propriétaires, nettement moins que dans l'Oise, où 61,9 % sont propriétaires ; cette différence n'a rien d'étonnant puisque 67,8 % des habitants de l'Oise, département rural, habitent des maisons. Senlis propose aussi un nombre important d'appartements en HLM, qui y correspondent à 29,6 % des résidences principales avec 2 004 appartements sur les 4 401 appartements que compte la commune. Ainsi, Senlis respecte les obligations de la loi SRU en termes de logements sociaux, ce qui n'est pas le cas des communes de l'Oise dans leur ensemble, où seulement 18,9 % des logements sont des HLM.
Environ un logement sur vingt est vacant à Senlis, tout comme dans l'ensemble du département. Pendant les années 1970, un logement sur huit était encore vacant à Senlis, en dépit de la progression démographique pendant cette période ; ce problème était dû au mauvais état de l'immobilier dans le centre ancien. Aujourd'hui, pratiquement tous les logements sont dotés d'une salle de bains (97,9 %, par rapport à 96,4 % dans l'Oise). Contrairement à ce que suggère l'étendue du centre ancien de Senlis, la commune compte moins de logements construits avant 1949 (25,3 %) que l'ensemble de l'Oise (31,2 %) et aussi légèrement plus de logements construits après 1990. Toutefois, les logements construits entre 1949 et 1974, généralement caractérisés par leur médiocre efficience énergétique, sont nettement plus répandus à Senlis (37,2 %) que dans l'Oise (28,9 %). Du fait que les appartements sont prépondérants à Senlis, l'on y rencontre davantage de logements à une ou deux pièces (21,5 %) que dans l'Oise (13,2 %), tandis que les logements de trois pièces sont pareillement représentés que sur le plan départemental (près de 20 %). Logiquement, les logements de quatre pièces ou plus sont moins fréquents à Senlis (59 %) que dans l'ensemble du département (67,5 %)[29].
Localisée à quarante kilomètres au nord de Paris, la ville se situe au kilomètre 33 de l'ancienne Route nationale 17. Cette route est en fait l'ancienne route royale menant de Paris à Lille, dont le tracé actuel à travers Senlis date des années 1750. Elle traversait initialement le centre ancien gallo-romain par la rue Vieille de Paris, la rue du Châtel et la rue de Villevert. Le remaniement de cette voie importante sur plusieurs sections fut décidé en 1752 et exécuté par la suite, ce qui entraîna notamment le percement de l'actuelle rue de la République, partageant en deux le centre-ville médiéval[30]. Dans le département de l'Oise, l'ancienne RN 17 est devenue la route départementale 1017 à la suite du transfert de la plupart des routes nationales aux départements par décret du [31].
Senlis se situe près de l'autoroute A1 reliant Paris à Lille. Le tronçon Senlis-Le Bourget est inauguré le . Un an plus tard, l'autoroute est prolongée jusqu'à Roye puis jusqu'à Lille en 1966. Sur le territoire de la ville, se trouve la première barrière de péage depuis Paris qui constitue aussi la sortie numéro 8. Le siège régional de la Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France et un district chargé de l'entretien de l'autoroute entre Roissy-en-France et le nord de Compiègne y sont aussi installés. L'autoroute employait ainsi 1 100 personnes dans la commune en 2005, ce qui en faisait le plus gros employeur de la ville[32]. Senlis se situe à 30 minutes de la Porte de la Chapelle et à 1 h 40 de Lille en voiture.
Carrefour routier d'envergure dès l'antiquité[33], Senlis est traversée par d'autres routes importantes. L'une est la RN 330 de Meaux à Creil, itinéraire d'évitement de Paris pour les flux de transport entre l'est et le nord du grand bassin parisien. Cet axe n'est pas doublé par une autoroute comme c'est le cas de la D 1017 au sud de Senlis, ainsi a-t-il bénéficié d'un nouveau tracé, partiellement comme voie express sur plusieurs sections, dont le contournement nord de Senlis. Malencontreusement, les déviations de Mont-l'Évêque et Senlis n'ont pas été conçus en continuité et englobent donc une section de la RN 324, dernière section de cette route à ne pas être déclassée en route départementale. - La RD 330 correspond à l'ancien tracé de la RN 330 sur les communes de Mont-l'Évêque et Senlis.
Une troisième route importante traversant Senlis est l'ancienne RN 324, devenu RD 1324 à l'est de Senlis vers Crépy-en-Valois depuis fin 2006, tandis que le déclassement de sa continuation vers Chantilly en RD 924 date déjà de 1972. Reste à mentionner la RD 932 a vers Compiègne, qui a perdu de son importance depuis la construction de l'autoroute A1 parallèle. Cette RD 932 tout comme la RD 1324 et la RD 1017 au nord de Senlis, déjà mentionnées, est connectée au contournement nord-est de Senlis. Ce dernier évite à la ville d'être traversée par le trafic de transit, les deux routes non connectées (la RD 924 vers Chantilly et la RD 1017 vers Paris) ayant surtout une importance régionale.
Avec sa situation aux bords de trois massifs forestiers majeurs et dans une région d'un grand intérêt culturel et naturel, Senlis entre dans le parcours de trois sentiers de grande randonnée :
Hormis ces sentiers balisés, un grand nombre de chemins ruraux et forestiers se prêtent à la randonnée dans les environs de Senlis. Toutefois, les GR 11, 12 et 655 représentent les principaux accès piétonniers aux trois massifs forestiers. À ce titre, il n'est pas sans intérêt de signaler que le contournement nord de Senlis de la RD 1330 a intercepté nombre de chemins ruraux et que le chemin des Vaches (GR 12 et GR 655) constitue l'unique accès direct à la forêt d'Halatte. Le chemin rural de Senlis au Plessis-Chamant est par exemple interrompu en son milieu. De même, le randonneur ne peut suivre le cours de l'Aunette entre Chamant et Senlis ; là aussi, la voie express constitue un obstacle non franchissable. Dans le premier cas, la construction d'une passerelle est prévue par la communauté de communes des Trois Forêts[34].
Senlis est relié au réseau ferroviaire par la ligne Chantilly - Senlis en 1862 : elle rejoignait la gare de Chantilly - Gouvieux par une bifurcation à niveau située au nord du viaduc de Chantilly, sur la ligne Paris - Lille. Les trains mettaient vingt minutes sur ce parcours de 12 km, et desservaient les gares et haltes de Saint-Maximin, Golf de Chantilly, Vineuil, Saint-Firmin, Aumont, Saint-Nicolas. La ligne est prolongée ultérieurement jusqu'à Crépy-en-Valois, en tronc commun avec la ligne Paris-Laon sur les derniers kilomètres à l'est de la gare d'Ormoy-Villers. Le trajet Senlis-Crépy se fait alors en quarante minutes. Le bâtiment voyageurs de la gare de Senlis, détruit pendant la bataille de Senlis au début de la Première Guerre mondiale, est remplacé par un nouveau bâtiment en 1922.
Perpendiculaire aux principaux flux de transports nord-sud, la ligne est fermée au trafic voyageurs en 1938 entre Senlis et Chantilly, et en 1950 entre Senlis et Crépy. Vers Chantilly, la ligne est totalement désaffectée en 1971[35], Senlis restant desservi en trafic marchandises pendant une vingtaine d'années encore depuis Ormoy-Villers, jusqu'à ce que la ligne ne soit coupée pour la construction de la LGV Nord en 1991. Cependant, la SNCF continue d'accueillir les voyageurs à la gare de Senlis jusqu'au 3 juin 2003, quand le guichet est fermé et remplacé par une nouvelle « boutique SNCF » en centre-ville[36]. Les billets SNCF sont toujours reconnus dans les autocars de la ligne départementale 15 Chantilly - Senlis.
Senlis est desservi par des lignes d'autocars interurbains et dispose d'un service d'autobus urbains. Les lignes sont principalement exploitées par des sociétés du groupe Keolis, dont notamment sa filiale Keolis Oise implantée à Senlis. Selon la vocation des différentes lignes, l'on peut distinguer les types de lignes suivants :
Toutes les lignes desservent la place de l'ancienne gare qui sert de gare routière, sans pour autant disposer des moindres aménagements dans ce sens (seul l'arrêt des bus urbains, situé à l'écart, dispose d'un abribus). D'autres arrêts plus proches du centre-ville existent et sont desservis par la plupart des autocars.
Senlis est un des principaux pôles du réseau interurbain de l'Oise. L'exploitation des lignes circulant autour de Senlis a été confiée dans son ensemble à Keolis début 2009, pour une durée de douze ans[38]. Le Conseil général a mis en place simultanément une tarification particulièrement avantageuse, avec l'aller-retour dans la journée pour € 3,00 quelle que soit la distance, voire pour € 2,50 sur des trajets entre communes voisines[39]. En 2023, le tarif est de 1 € par trajet[40].
Les lignes les plus importantes sont celles qui relient Senlis au réseau ferré, établissant la correspondance avec les trains à destination et en provenance de Paris :
Les autres lignes régulières concernant Senlis sont les lignes suivantes, fonctionnant principalement du lundi au samedi midi.
Les autocars interurbains sont utilisés par 5,1 % des Senlisiens travaillant dans une autre commune de l'Oise, et par 16,6 % des Senlisiens travaillant dans une autre région[42] (à priori à Paris et sa proche banlieue, ou sur la plate-forme aéroportuaire de Roissy). La faible utilisation pour les déplacements intra-départementaux ne parle pas en faveur d'une adaptation de l'offre de transport en commun aux besoins des actifs, surtout que le faible niveau des tarifs représente en soi une incitation forte.
La desserte est complétée, en 2023, par les lignes 6221, 6222, 6223, 6224, 6421 et 6422 du réseau interurbain de l'Oise[43].
La desserte urbaine est baptisée Transport Urbain Senlisien (TUS) et fonctionne du lundi au samedi de 6 h 30 à 20 h 0. Son utilisation est entièrement gratuite. Alors que le réseau était constitué de deux boucles aux itinéraires complexes jusqu'au 29 septembre 2012, un nouveau réseau simplifié avec une fréquence de desserte accrue est mis en place le 1er octobre 2012. Il se compose de deux lignes principales, les lignes régulières no 1 et 3 ; d'une ligne régulière à vocation scolaire portant le no 4 ; et d'une ligne de transport à la demande (appelée transport sur réservation (TSR)). En outre, les lignes départementales no 637 et no 645 reliant Senlis à Creil et Chantilly peuvent être utilisées gratuitement à l'intérieur de la commune, les horaires étant publiés comme ligne no 2. Au total, sans les services des lignes départementales, le TUS représente quarante-neuf aller-retour assurés du lundi au vendredi en période scolaire, et trente-deux allers-retours le samedi. Le nombre d'arrêts s'élève à vingt-quatre pour les lignes no 1 et 3 (dont trois desservis par les deux lignes), auxquels s'ajoutent neuf arrêts desservis uniquement par le TSR.
La ligne no 1 est une ligne nord-sud reliant les lycées et l'hôpital ainsi que le quartier de Brichebay au quartier Bonsecours, en passant par la gare. Du lundi au vendredi, cette ligne fonctionne toutes les 20 min aux heures de pointe et au minimum toutes les heures pendant le reste du temps, avec toutefois une coupure de deux heures l'après-midi. Le samedi, une desserte cadencée à l'heure est proposé. La ligne no 3 est une ligne ouest-est reliant le quartier du Val-d'Aunette à la zone industrielle et au centre commercial de Villevert, en passant par le centre-ville et la gare. Cinq arrêts ne sont desservis que par une partie des services. La fréquence est à peu près identique que sur la ligne no 1, sauf que la ligne no 3 fonctionne en continu[44].
Les autobus urbains sont utilisés par 3,7 % des Senlisiens travaillant à Senlis même, tandis que 42,2 % vont à pied, prennent un deux-roues ou n'ont pas à se déplacer[42].
La ligne R114 du réseau de bus Roissy Ouest dessert également Senlis mais uniquement en période scolaire[45].
Le service de transport à la demande Flexobus, mis en place par la communauté de communes de l'Aire Cantilienne, permet de relier gratuitement les communes de cette dernière à Senlis[46].
La plus ancienne attestation du nom de la ville antique est civitas Sulbanectium en 48[47] : la « cité des Sylvanectes », le peuple gaulois à l'origine de la cité et dont le nom est issu probablement du gaulois selvanos « possession, propriété », puis « troupeau »[48] qui s'est confondu plus tard avec le latin silvanus « de la forêt », suivi du suffixe gaulois -ecti. La cité est ensuite mentionnée au cours du Ier siècle[49] sous le nom d'Augustomagus Silvanectum, au Ier siècle (Pline l’Ancien)[47], le « marché d'Auguste des Sylvanectes ». La désignation Augustomagus disparaît à la fin du IVe siècle. Au Ve siècle, on trouve Civitas Silvanectum vers 400[47]. Au cours du VIe siècle, le nom évolue phonétiquement en de Silvanectis en 511[47], au VIIIe siècle Selnectensis en 770[47], forme semi-savante et devient ensuite Seenlys en 1066[47], et est enfin attesté sous la forme moderne Senlis en 1388[47],[50].
La préhistoire a laissé des vestiges sur le territoire communal de Senlis, des outils en pierre, des enceintes circulaires en forêt d'Halatte et les menhirs des Indrolles, découvertes par Amédée Margry en été 1869 sur la parcelle 296 dans cette même forêt. Non loin de la route du Chêne à l'Image se trouve un autre roche, la Pierre qui Corne percée de nombreux trous, qui pourrait être un menhir. À Chamant, existait une allée couverte disparue de nos jours[51].
Les origines de Senlis en tant que ville remontent apparemment au IIe siècle[52] avant notre ère quand une tribu gauloise, les Silvanectes, réside dans les environs, sans que l'on sache s'ils possédaient un oppidum[53].
Vraisemblablement de fondation romaine, la ville est alors appelée Augustomagus — le « marché d'Auguste ». On y a trouvé les traces de temples, de domus et d'un édifice de spectacles antiques, ainsi que d'arènes[54], seul monument toujours existant de nos jours. Au IIIe siècle ou IVe siècle, Augustomagus s'entoure d'une muraille épaisse de quatre mètres et haute de sept à huit mètres, dotée de vingt-huit tours, pour faire face aux invasions barbares. La superficie enclose est de 6,38 ha[55], mais la ville s'étend bien au-delà de cette enceinte, comme le démontrent, par exemple, l'emplacement des Arènes et le réseau orthogonal de certaines rues. À la fin du IVe siècle, saint Rieul évangélise la contrée et devient le premier évêque de Senlis. Avec le traité d'Andelot en 587, Senlis est partagé entre Gontran Ier roi de Burgondie et son neveu Childebert II roi d'Austrasie, ce dernier gardant les deux tiers.
La première mention d'un comté de Senlis date de 823. Plusieurs indices montrent que le château royal existe au plus tard vers le milieu du IXe siècle : en 854, le trésor royal se trouve à Senlis, et Charles le Chauve a daté de nombreuses chartes de Senlis[d 1],[g 4],[c 1].
Le comte Bernard de Senlis n'ayant pas d'héritier, la ville entre dans les possessions d'Hugues Capet au plus tard en 981, où il aurait été élu roi par ses barons en 987 avant d'être sacré à Noyon. La construction de la première cathédrale de Senlis commence à la fin du Xe siècle[g 5],[56],[a 1]. Sous les Capétiens, Senlis est une ville royale, demeure des rois de France, d’Hugues Capet à Charles X.
Au XIe siècle, Senlis semble être une ville d'une certaine importance, avec son château royal, le siège d'un diocèse, une cathédrale, au moins trois autres églises paroissiales, trois abbayes, dont Saint-Vincent refondée en 1065 par Anne de Kiev. Un Concile s'y tint en mai 1048. La cathédrale Notre-Dame de Senlis nait à partir de 1154 sous l'impulsion du roi Louis VII[d 2],[g 6],[c 2]. En 1170, l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem établit une commanderie, un hôpital et une église à Senlis. Cet ordre était un gros propriétaire immobilier dans la ville, avec jusqu'à cent-trente maisons dans son actif, qui en partie existent toujours[g 7],[57].
Une charte communale est accordée à la ville en 1173 par le roi Louis VII, affranchissant les habitants de la ville et les soumettant à la justice de cette dernière, qui n'a plus de comptes à rendre qu'au roi directement. L'inconvénient est les redevances envers les différents seigneurs locaux dont la municipalité doit désormais s'acquitter afin qu'ils renoncent à leurs droits et respectent la charte. Le statut avantageux des habitants fait que des personnes venues d'ailleurs viennent s'y installer. Les affaires de la ville sont réglées par le maire et les magistrats municipaux ; la confirmation du roi n'est requise que dans des rares cas. Les maires de Senlis sont par ailleurs connus depuis 1184 en continu[58]. Sous Philippe-Auguste, la construction d'une nouvelle enceinte est entamée, entourant les principaux quartiers de la ville à son achèvement en 1287[d 3],[e 1]. En 1232, la chapelle Saint-Étienne est érigée en paroisse, et la ville en compte désormais huit[d 4],[g 8]. Comme symbole de sa liberté, Senlis dispose d'un beffroi, construction mince et élancée, haute de vingt-six mètres, implantée à l'angle de la place de la Halle avec la rue Saint-Jean (démolie en 1802)[d 5],[59].
Senlis connaît son apogée aux XIIe et XIIIe siècles. Elle vit du commerce de la laine, du cuir et de la fourrure. Une comparaison des plans de Senlis et de Paris au XIIIe siècle suggère que Senlis est alors plus grande que la capitale[60]. Plusieurs halles spécialisées témoignent d'une intense activité marchande. Les moulins à eau se multiplient sur la Nonette, avec une dizaine de l'abbaye de la Victoire jusqu'à Saint-Nicolas-d'Acy[f 1],[61]. La viticulture se développe, le sol sablonneux autour de la ville lui étant jugé favorable. Il paraît même que cette culture était la plus importante dans les environs immédiats de Senlis[e 2],[g 9]. Vers 1265, le bailliage de Senlis est créé, son territoire très vaste recouvre le Beauvaisis et le Vexin français[62].
Dès la fin du XIIe siècle, la situation financière de la commune devient préoccupante, avec des charges trop importantes, mais aussi des malversations récurrentes[63], et en 1319, la commune criblée de dettes est supprimée sur la demande de la majorité des habitants. Des attournés remplacent le maire, officiant sous l'autorité du bailli, mais élus annuellement par les habitants en assemblée générale. Dans les faits, fort peu de choses changent, sauf que la ville ne s'autogouverne plus que grâce à la tolérance du bailli qui ne veut pas s'occuper directement des affaires de la ville[64].
Senlis se transforme de plus en plus d'une ville commerçante vers une agglomération d'établissements religieux, le nombre de monastères atteignant les six, sans compter les hôpitaux et les chapitres. Ces établissements occupent beaucoup de place (plus de 30 % de la superficie de la ville à la fin du XVIIe siècle) et rachètent des maisons de particuliers pour s'agrandir[e 3].
La Guerre de Cent Ans commence à se ressentir à Senlis avec la grande Jacquerie, et la ville est attaquée par les nobles le 11 juin 1358, mais les habitants se défendent avec succès[65],[c 3].
En septembre 1417, Senlis se fait persuader par le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, de rejoindre son camp. Fin 1417, les bourguignons prennent aisément possession de Senlis. L'année suivante, le roi Charles VI confie à Bernard VII d'Armagnac la mission de reconquérir la ville rebelle. Senlis est assiégé fin avril 1418 et accepte une reddition moyennant la livraison de six otages volontaires à l'armée attaquante. Mais le secours arrive à la dernière minute. En colère, d'Armagnac fait décapiter quatre otages, et les Bourguignons font de même avec vingt soldats des Armagnacs. Les armées se retirent. Les capitaines des Bourguignons rejoignent le camp du roi, clamant que s'ils ont combattu les Armagnacs, ils seraient toujours fidèles au roi ; tournant donc le dos à leur ancien chef Jean sans Peur qui de toute façon n'était pas présent lors des combats[66].
Ainsi, la paix peut s'installer à Senlis, toute relative, car autour de la ville, les troubles continuent. Pour fuir les impôts prélevés afin de financer sa reconstruction, de nombreux citoyens s'installent ailleurs. L'économie est ruinée, et les champs ne sont plus labourés. Début 1425, Senlis est rançonné par les Anglais[67]. Du 14 au 15 août 1429, la bataille de Montépilloy a lieu dans les environs[68]. La trêve entre Charles VII et le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, est signé en 1431 lors d'états généraux convoqués à Senlis[c 4].
En 1475, le traité de Senlis, appelé également « Paix de Senlis », est conclu par François II de Bretagne avec le roi de France Louis XI à l'abbaye royale Notre-Dame-de-la-Victoire près de Senlis.
En 1493, le roi Charles VIII, fils de Louis XI, signe le traité de Senlis avec le duc de Bourgogne Maximilien d'Autriche[69].
Au XVIe siècle, Senlis assure un rôle judiciaire important, accueillant plusieurs juridictions, bailliage, élection, grenier à sel ou eaux et forêts[70]. Mais en 1582, la création du bailliage et présidial de Beauvais, puis les Guerres de Religion donnent un nouveau coup d'arrêt à son redressement. Les épidémies de peste à répétition — en 1564, 1580, 1582, 1583, 1584 et 1585 — mettent la ville à l'épreuve ; pendant le Moyen-Âge, il n'y avait eu qu'une seule épidémie, en 1334 - 1338[e 4],[71]. Durant les Guerres de religion, Senlis fait figure de modèle de concorde[72] malgré la présence de protestants et des voisins qui succombent à la violence (massacres à Paris et à Meaux en 1572). En 1567, la ville échappe de peu à une attaque par une armée composée de réformistes français et allemands qui campent à Saint-Denis, Creil et Beaumont-sur-Oise[c 5]. C'est en commençant par Senlis que Henri IV parvient progressivement à rallier la plupart des villes derrière lui, à plus forte raison depuis son abjuration du protestantisme le 25 juillet 1593, et vide la Ligue de sa substance[c 6],[73].
Durant trois siècles, jusqu'au dernier quart du XIXe siècle, Senlis subit un lent déclin, perdant son rayonnement économique et une part de sa population[74]. Les épidémies de peste avec leur influence néfaste sur le développement se poursuivent depuis 1564 jusqu'à la fin du XVIIe siècle et éclatent en 1624-1626, 1629-1630 ainsi qu'en 1694 et 1695. Le mal ne peut être endigué que par des mesures de quarantaine strictes et par des interdictions de se rendre à des villes où la peste sévit. Hormis ces taches d'ombre, les XVIIe et XVIIIe siècles sont une longue période de tranquillité et de paix, et jusqu'à la Révolution française, aucun événement d'envergure ne se produit[75],[e 4].
À partir de 1753, la rue Royale (l'actuelle rue de la République) est percée dans le cadre de la rectification de la route de Flandre[76] (la future RN 17, actuelle D 1017) et traverse la ville à l'est[77]. C'est le début du démantèlement des fortifications, car les brèches ouvertes dans l'enceinte par la nouvelle route ne sont pas refermées. La porte Saint-Rieul est également démolie, et les esplanades du futur cours Thoré-Montmorency sont aménagées comme promenades pour les habitants[78]. Des XVIIe et XVIIIe siècles, la ville a hérité un certain nombre d'hôtels particuliers, mais avec l'exception de la rue Royale, aucun aménagement urbain d'envergure n'est entrepris.
Le nombre d'habitants stagne autour des 4 672 recensés en 1765[79]. Le bailliage de Senlis comprend encore les châtellenies royales de Senlis, Compiègne, Creil, Pontoise, Chaumont-en-Vexin et la majeure partie du Vexin français[70]. Même si Senlis n'est plus une ville importante à la fin de l'Ancien Régime, elle est décrite comme très propre, avec des vastes maisons, presque toutes dotées d'un jardin. L'aisance y serait générale, on y mangerait des aliments d'une bonne qualité et l'on y jouirait d'une bonne santé, avec beaucoup de personnes atteignant un âge avancé[78].
Trois mois après la Révolution française, la loi martiale entre en application le . L'événement marquant de la fin de l'année est « l'attentat de Senlis » commis par l'horloger Billon contre un cortège de la Garde nationale, faisant deux morts et puis davantage de victimes encore avant son arrestation[d 6]. La période révolutionnaire voit la suppression du diocèse de Senlis et des établissements religieux, à l'exception de l'hôpital de la Charité[80] et de l'Hôtel-Dieu. Grâce à une municipalité libérale dans un premier temps, la cathédrale reste ouverte au culte catholique. Dans un deuxième temps, une nouvelle municipalité empreinte de zèle révolutionnaire s'installe, veillant toutefois au maintien de l'ordre, respectant les propriétés privées et évitant les débordements.
Sous la Convention nationale, cette situation change à partir du avec le début de la Terreur. La peur règne sous l'influence des dénonciations calomnieuses, et la crise économique se fait sentir. Des fêtes civiques sont ordonnées à maintes occasions en dépit de la pénurie en denrées de tout genre. La cathédrale est transformée en temple de la Raison en février 1794. Senlis doit nourrir des dizaines de milliers de soldats et leurs chevaux en passage. Au mois de mai, il n'y a plus de provisions que pour dix jours. La fête de l'Être suprême est toutefois pompeusement célébrée du 4 au 8 juin, avec l'inauguration d'un nouveau lieu de culte, la Sainte Montagne[81]. À la veille du Directoire, la situation se normalise à partir du mois de mai 1795[c 7].
Au début du XIXe siècle, l'infrastructure de la ville est timidement modernisée. L'éclairage public est instauré en 1808, et la numérotation des maisons débute en 1815 puis est interrompue, pour n'être reprise qu'en 1837[c 8]. Mais avec les bulletins de victoire qui s'arrêtent, la crise morale puis économique s'installe en 1812. Fin mars 1814, la Campagne de France s'achève, mais non sans une dernière péripétie dans la région : Senlis est brièvement occupé par les Prussiens du 1er au 2 avril, sans subir des violences[b 1]. L'invasion se répète le 28 juin 1815 quand le maréchal Blücher séjourne pendant quelques jours dans les environs. Cette invasion durera jusqu'en début novembre, et la ville souffre des lourdes réquisitions, mais il n'y a pas de représailles[b 2].
Une usine de chicorée est ouverte dans l'ancien Hôtel-Dieu, ainsi que plus tard, une féculerie. Elles emploient jusqu'à cent, respectivement deux cents ouvriers. L'abbaye Saint-Vincent est transformée en filature de coton, donnant du travail jusqu'à cinq cents personnes, surtout femmes et enfants. Dans les environs, des carrières de calcaire pour la construction occupent un nombre important d'ouvriers. Huit fours à chaux sont actifs. Mais l'économie périclite bientôt de nouveau, et l'industrie textile disparaît progressivement ; seule l'industrie du cuir restant active[b 3],[c 9]. Les foires ont perdu leur ancien éclat, et des jusqu'à quatre foires annuelles, ne subsiste en 1835 que la foire Saint-Rieul, se tenant chaque printemps pendant huit jours à partir du 23 avril. Au propos des marchés, il est intéressant de signaler que les marchés hebdomadaires ont déjà lieu les mardi et vendredi, comme à l'époque actuelle[b 4]. La circulation routière est à son apogée en ce début de la Révolution industrielle ; de nombreux services de diligences, voitures de postes, messageries et roulages transitent par Senlis, et avec la circulation individuelle et les cavaliers qui s'y ajoutent, encombrent la rue Royale.
L'année 1832 marque les annales de Senlis pour son épidémie de choléra, touchant quatre cents personnes des deux sexes et de toutes classes et conditions sociales, faisant cent-quatre-vingt-huit victimes[b 5],[82]. L'année 1838 voit la naissance de l'Hôpital Général, actuel centre hospitalier, à l'emplacement du très ancien hôpital Saint-Lazare, dont la chapelle subsiste toujours[b 6].
Le Second Empire voit un brusque déclin de la circulation routière à Senlis, avec l'essor du chemin de fer débutant. Selon Félix Louat, c'est une « période d'atonie pour Senlis »[b 7]. Délaissé par le chemin de fer du Nord en raison de l'opposition de la municipalité à son passage, voulant protéger ses commerçants et industriels vivant de la route[83],[b 8], Senlis n'est reliée au chemin de fer qu'en 1862 par Chantilly puis par Crépy-en-Valois en 1870. Senlis reste une petite sous-préfecture provinciale, la plus petite de l'Oise, et perd son statut de centre régional[a 2],[b 8], fréquentée par la bonne société parisienne[a 3].
La guerre de 1870-71 apporte à Senlis la troisième invasion prussienne de ce XIXe siècle. Elle ne dure que vingt-quatre heures, aucune lutte n'ayant eu lieu à Senlis ou dans ses environs. Mais parfois, des troupes passent par la ville ou y séjournent. En 1871, la censure et les mesures de sécurité deviennent très contraignantes. L'attitude de la population reste très digne, et aucunes représailles ne sont à déplorer[b 9].
La proclamation de la Troisième République ne suscite pas d'émotion particulière à Senlis. Grâce aux efforts du conseil municipal, l'installation d'un régiment à Senlis est enfin obtenue en 1874. Il s'agit du 6e régiment de cuirassiers, qui prend quartier dans l'ancien relais de poste au faubourg Saint-Martin, aménagé en caserne, ainsi que dans l'annexe de l'ancien couvent des Carmes. Au bout de vingt ans, le 2e régiment de hussards avec siège à Meaux prend le relais[b 10].
Depuis une quinzaine d'années, Senlis a atteint les sept mille habitants et gardera cette taille jusqu'au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. La sécurité publique semble être facile à assurer à cette époque, puisque la police municipale ne compte qu'un agent en 1900 et deux agents à partir de 1901, ainsi que deux gardes champêtres[84]. Subsistent encore quelques activités économiques anciennes, comme notamment le lavage de laines, avec quatre laveries disparaissant vers 1914. Les métiers liés à la forêt, tels que bûcherons, charbonniers, négociants en bois et scieries, sont nombreux à Senlis[b 11].
Au début de la Première Guerre mondiale, et plus précisément le 2 septembre 1914, Senlis subit les représailles allemandes en 1914 à la suite de tirs de l'arrière-garde française contre les troupes d'occupation : cent-dix maisons de la rue de République et de la rue Bellon sont incendiées, dont le palais de justice, ainsi que la gare. Par ailleurs, 6 otages sont fusillés dont le maire de la commune, Eugène Odent.
En juin 1918, un hôpital militaire fut créé dans la ville, en octobre 1918, le maréchal Foch établit son quartier général à l'hôtel Dufresnes et d'où il dirige les dernières opérations alliées. Puis, le 5e régiment de chasseurs à cheval emménage dans les casernes, en remplacement du 3e régiment de hussards.
Le , la ville reçoit la Croix de guerre avec citation pour les « mérites et souffrances » endurées pendant la guerre[a 4],[b 12].
La nouvelle municipalité encourage la fondation d'une société d'Habitation à bon marché au début des années 1920, finançant la construction de coquettes maisons ouvrières dans les faubourgs. En 1927, le 24e régiment de spahis marocains est le premier régiment colonial à prendre ses quartiers à Senlis. Les Spahis seront fidèles pendant trente-cinq ans à la ville, et un monument ainsi qu'un musée conserve leur mémoire vivante. Le 15 avril 1931, le nouveau bâtiment de l'hôpital général est inauguré ; c'est le principal aménagement dont bénéficie la ville dans l'entre-deux-guerres. Également au début des années 1930, le transport de voyageurs par autocar prend une nouvelle ampleur avec la création de deux services concurrents Senlis - Paris par la RN 17, par les sociétés Renault et Citroën[b 13]. Dès le , le trafic voyageur est supprimé de Senlis à Crépy-en-Valois[85].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, quelques combats ont lieu à l'entrée de la ville puis la ville est occupée pendant quatre années. Une Kreiskommandantur y est installée pendant quelque temps[86]. La commune est libérée par les troupes américaines en août 1944.
À partir des années 1950, le développement économique de l'agglomération parisienne, la création de l'autoroute du Nord qui dessert Senlis à partir décembre 1964 et enfin la mise en service de l'Aéroport Paris-Charles-de-Gaulle en 1974 apportent une conjoncture favorable au développement économique de la ville. De nouveaux quartiers sont créés dans les faubourgs pour une population en extension rapide. En 1969, une zone d'activité économique et commerciale est aménagée le long de l'autoroute du Nord. Plusieurs nouveaux établissements scolaires sont créés dont le lycée Hugues Capet en 1987. En 1962, l'institution de la loi Malraux sur la préservation du patrimoine permet la création d'un secteur sauvegardé de quarante-deux hectares dans la ville ancienne. Les maisons particulières et les monuments sont progressivement restaurés et quatre musées sont[a 5]. Le cadre ancien de la ville attire des artistes comme Georges Cziffra qui restaure l'ancienne église Saint-Frambourg, ainsi que les tournages cinématographiques, qui y trouvent un décor idéal proche de Paris pour des films comme "Le Roi de cœur" de Philippe de Broca dont l'action se passe en 1918.
Le 4 juin 2009 marque un tournant dans l'histoire récente de Senlis, notamment sur le plan économique : avec le départ définitif du 41e régiment de transmissions, la caserne « quartier Ordener » est dissoute[87], et Senlis cesse d'être une ville de garnison. En automne 2010, la mairie a présenté ses idées pour la reconversion du site laissé en friche, avec 11 ha de terrain et 22 000 m2 de bâtiments, sans compter des hangars dont la démolition est prévue. Il s'agirait essentiellement de transférer des institutions municipales sur l'ancienne caserne et d'y créer des logements[88].
La commune est le chef-lieu de l'arrondissement de Senlis du département de l'Oise. Pour l'élection des députés, elle fait partie de la quatrième circonscription de l'Oise.
Elle était également depuis 1793 le chef-lieu du canton de Senlis[89]. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, la commune est désormais le bureau centralisateur de ce canton, dont le nombre de communes est réduit de 17 à 14 communes.
Senlis est le siège de plusieurs juridictions, regroupées dans la cité judiciaire située au nord du centre-ville, boulevard Pasteur. Ce complexe héberge les tribunaux suivants :
Concernant les autres juridictions, Senlis dépend[90] :
En tant que chef-lieu d'arrondissement, la ville accueille une filiale du Trésor public, localisée rue de la République[91]. Senlis dépend par ailleurs du centre des impôts, de la caisse d'allocations familiales et de la caisse primaire d'assurance maladie de Creil.
Jusqu'au début de l'année 2009, Senlis appartenait à la Communauté de communes du Pays de Senlis qui regroupait 19 communes.
À la suite de désaccords profonds entre élus des communes membres[92], le préfet a décidé de dissoudre l'Établissement public de coopération intercommunale (EPCI) le [93]. Treize communes ont souhaité se regrouper dans un nouvel EPCI appelé communauté de communes Cœur Sud Oise, créé par arrêté préfectoral du [94]. Parallèlement, il crée la Communauté de communes des Trois Forêts (CC3F) autour de Senlis, avec les quatre autres communes souhaitant y participer que sont Aumont-en-Halatte, Courteuil, Chamant et Fleurines.
Orry-la-Ville, plutôt liée à Senlis, mais n'ayant aucune continuité avec la CCTF, s'est retrouvée isolée[95], et a rejoint la communauté de communes de l'aire cantilienne au 1er janvier 2014.
Dans le cadre des dispositions de la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (Loi NOTRe) du 7 août 2015, qui prévoit que les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre doivent avoir un minimum de 15 000 habitants[96],[97], le schéma départemental de coopération intercommunale approuvé par le préfet de l'Oise le prévoit notamment la fusion de la communauté de communes des Trois Forêts et de la communauté de communes Cœur Sud Oise[98].
Après consultation des conseils municipaux et communautaires concernés[99], la nouvelle intercommunalité, recréant de fait l'ancienne communauté de communes du Pays de Senlis (sans Orry-la-Ville)[100], dont la scission en 2010 avait créée ces deux intercommunalités, est constituée au par un arrêté préfectoral du sous le nom de communauté de communes Senlis Sud Oise, dont la commune est désormais le siège[101].
Les résultats des différentes élections depuis 2002 illustrent bien que Senlis est une ville bien ancrée à droite, avec un électorat donnant la préférence à la droite citoyenne, de sorte que deux listes différentes de ce courant peuvent se maintenir à un second tour dans certains cas. Les Verts et le Front national ont tous les deux une clientèle fidèle à Senlis, qui est pratiquement aussi importante que celle du Parti socialiste, très loin ici de son rôle de deuxième parti le plus important qu'il détient sur le plan national.
À l'issue des élections législatives de 2012, le député de la quatrième circonscription de l'Oise, Éric Woerth (UMP) est confirmé dans son mandat avec 59,23 % des suffrages au second tour. Son adversaire Patrick Canon d'Europe Écologie Les Verts recueille 40,77 % des voix, avec un taux d'expression de 50,57 % seulement. Au 1er tour, où le PS est déjà absent, les deux candidats précités obtenant respectivement 40,17 % et 27,24 %, suivis par Mylène Troszczynski du FN avec 20,77 %[102]. Au 1er tour des législatives de 2007, le taux d’expression des électeurs inscrits de Senlis est encore un peu plus élevé avec 53,9 %. Le député UMP de la circonscription, Éric Woerth, est confirmé avec 62,3 % des voix, si bien qu'il n'y a pas de 2e tour. Loin derrière lui, la candidate PS Martine Charles doit se contenter de 15,3 % des voix ; un seul autre candidat dépassant par ailleurs la barre des 5 %[103].
L'élection présidentielle de 2012 montre les mêmes tendances, puisque Nicolas Sarkozy obtient 39,62 % des suffrages au 1er tour, plus que le double de François Hollande avec 18,62 %, suivi de près par Marine Le Pen avec 18,48 %. Au 2e tour, le président sortant réunit 64,27 % des voix exprimées, 35,73 % revenant donc à François Hollande. Le taux de participation est de 79,02 % pour un taux d'expression de 75,05 %[104]. À la présidentielle de 2007, le taux d’expression est encore de 78,1 %, soit pratiquement deux fois plus que pour les élections régionales et européennes. Au 2e tour, Nicolas Sarkozy enregistre 67,9 % des suffrages, et Ségolène Royal 32,1 %. Au 1er tour, François Bayrou avait encore obtenu davantage de suffrages que la candidate du PS, avec 19,20 % par rapport à 16,6 %. Jean-Marie Le Pen du FN avait obtenu 10,2 %, occupant la quatrième place du classement[105].
Aux élections cantonales de mars 2011, quatre candidats de la droite dépassent les dix pour cent des suffrages lors du 1er tour, tandis que le candidat du PS, Jean-Mari Mariani, n'arrive qu'à la cinquième place avec 12,1 % des voix. Le 2e tour devient un duel entre le candidat UMP, Jérôme Bascher, et la candidate FN, Mylène Troszczynski. Les élections sont remportées par Jérôme Bascher avec 62,81 des voix, avec un taux d'expression extrêmement faible de 33,8 % ; 37,8 % des citoyens inscrits sur la liste électorale ayant voté, mais 4 % des inscrits ayant voté blanc ou nul[106].
Lors des élections régionales de 2010, 43,5 % des inscrits se sont exprimés au 2e tour : 50,3 % pour Caroline Cayeux (UMP, liste de la majorité présidentielle), 35,3 % pour Claude Gewerc (PS, liste des unions de la gauche), et 14,4 % pour Michel Guiniot (FN). Au 1er tour, les Verts avaient encore obtenu 14,0 %, plus que le FN avec 12,2 %[107]. Lors des précédentes élections régionales de 2004, le PS avait rencontré encore moins de succès, et l'avantage de l'UMP avait été plus importante à Senlis[108].
Les élections européennes de 2009, avec un très faible taux d’expression de 39,2 % à Senlis, montrent des résultats de plus ou près de dix pour cent pour quatre listes : Dominique Riquet (UMP) – 40,1 % ; Hélène Flautre (Verts) – 15,3 % ; Corinne Lepage (MoDem) - 9,83 % ; Gilles Pargneaux (PS) – 9,6 %[109]. En 2004, le taux d’expression fut encore plus faible, et les préférences des électeurs senlisiens n'allaient pas dans le même sens, puisque la candidate UMP Tokia Saïfi n'obtint que 24 %, les candidats PS et UDF obtenant respectivement 19,1 % et 17,8 %[110].
Aux élections municipales de 2008, deux listes de droite se sont disputé l'essentiel des suffrages, l'une représentant l'UMP, l'autre étant classée divers droite. La liste du PS s'est maintenue au 2e tour, mais n'a obtenu que 14,9 % des votes, par rapport à la liste de l'UMP avec 40,7 % et la liste divers droite avec 44,4 %, conduite par Jean-Christophe Canter élu maire de Senlis[111]. Il a démissionné fin 2010 après la mise sous tutelle de la commune en avril et sa mise en examen dans une affaire de marchés publics douteux et d'abus la carte bleue de la régie municipale[112]. De ce fait, des nouvelles élections ont dû être organisés les 16 et 23 janvier 2011, desquelles Pascale Loiseleur (divers droite - liste « Senlis Alternative ») est sortie vainqueur, avec 55,2 % des suffrages. Le maire sortant n'avait toutefois pas hésité de se représenter, obtenant tout de même 40,0 % des voix, ce qui est relativisé par le taux d'abstention de 48 %[113].
Après son échec à devenir la présidente de la nouvelle communauté de communes Senlis Sud Oise, Pascale Loiseleur prive de leurs délégations plusieurs maires-adjoints, membres de la majorité municipale suspectés de ne pas avoir votés pour elle au conseil communautaire, risquant ainsi de « fragiliser une majorité municipale déjà marquée par de précédents départs ou retraits de délégation[114] ».
La ville dispose d'un conseil municipal des jeunes ouverts aux élèves des écoles élémentaires et collèges de la ville. Il est composé en 2011 de vingt-neuf de membres et organisé en quatre commissions: sports et loisirs, environnement, sécurité et solidarité[120].
Cette sous-section présente la situation des finances communales de Senlis[Note 5].
Pour l'exercice 2013, le compte administratif du budget municipal de Senlis s'établit à 30 346 000 € en dépenses et 30 591 000 € en recettes[A2 1] :
En 2013, la section de fonctionnement[Note 6] se répartit en 24 978 000 € de charges (1 481 € par habitant) pour 26 380 000 € de produits (1 564 € par habitant), soit un solde de 1 402 000 € (83 € par habitant)[A2 1],[A2 2] :
Les taux des taxes ci-dessous sont votés par la municipalité de Senlis[A2 3]. Ils ont varié de la façon suivante par rapport à 2012[A2 3] :
La section investissement[Note 9] se répartit en emplois et ressources. Pour 2013, les emplois comprennent par ordre d'importance[A2 4] :
Les ressources en investissement de Senlis se répartissent principalement en[A2 4] :
L'endettement de Senlis au peut s'évaluer à partir de trois critères : l'encours de la dette[Note 12], l'annuité de la dette[Note 13] et sa capacité de désendettement[Note 14] :
La gestion des déchets est confiée à la Communauté de communes des Trois Forêts. Le tri sélectif concerne les emballages, les journaux / magazines et les déchets verts, qui sont collectés séparément des ordures ménagères. Aucune déchèterie n'existe sur le territoire de la Communauté de communes ; les déchèteries les plus proches étant situées à Barbery (7 km) et Creil (9 km)[121]. L'assainissement de l'eau, en liaison avec la distribution de l'eau potable, est confié par contrat d'affermage à la Société des Eaux et de l’Assainissement de l’Oise (SEAO), filiale du groupe Veolia[122].
Sur le plan de la protection de la nature et de l'environnement, Senlis est concerné par deux zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type 1, quatre sites naturels classés et douze sites inscrits (dont cinq portent uniquement sur le patrimoine architectural et urbain). Les ZNIEFF sont celles du massif forestier d'Halatte (n° national 220005064, n° régional 60VAL102) et du massif forestier de Chantilly / Ermenonville[123].
Les sites classés sont ceux du domaine de Chantilly ; de la forêt d'Halatte et ses glacis agricoles ; des Forêts d'Ermenonville, de Pontarmé, de Haute-Pommeraie, clairière et butte de Saint-Christophe ; et du parc du château de Valgenceuse[124]. Les trois principaux sites naturels inscrits sont les promenades, remparts et leurs abords ; la vallée de la Nonette et la « plantation routière de l'avenue de Compiègne et les propriétés boisées situées de part et d’autre »[125]. Les quatre autres sites naturels inscrits sont les parcs du château royal et de trois hôtels particuliers : Hôtel Dufresne de Saint-Leu, hôtel Saint-Germain et pavillon Saint-Martin (voir le chapitre Monuments et sites touristiques).
Jumelages en vigueur en 2011 :
Coopération décentralisée :
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[128],[Note 15].
En 2022, la commune comptait 15 238 habitants[Note 16], en évolution de +4,44 % par rapport à 2016 (Oise : +0,87 %, France hors Mayotte : +2,11 %).
Senlis se démarque légèrement de la moyenne départementale en ce qui concerne les taux de natalité - 14,9 ‰, et de mortalité - 6,8 ‰, qui sont de 13,9 ‰ et de 7,6 ‰ respectivement dans l'Oise. Ce taux de natalité supérieur à moyenne laisse supposer une proportion importante de couples avec enfant, mais le contraire est le cas : il ne représentent que 28,5 % des ménages à Senlis, comparé à 35,8 % dans l'Oise. Toutefois, le nombre d’enfants par famille n’est pas plus élevé à Senlis qu’ailleurs, en ne regardant que les couples avec enfant : 81 % entre eux ont un ou deux enfants de moins de vingt-cinq ans, et seulement 2,5 % ont quatre enfants ou plus. En revanche, les ménages d’une personne seule sont d'autant plus nombreux à Senlis (33,5 %) que dans l'Oise (26,3 %), ce qui résulte peut-être de la proportion plus élevée de logements d’une ou deux pièces à Senlis (21,5 %) que dans l’Oise (13,2 %)[130].
Le recensement de la population de 2007 montre que 5 % des habitants de Senlis et 4 % des actifs ayant un emploi n'ont pas la nationalité française, et que 7,7 % des Senlisiens sont des immigrés[131]. À titre de comparaison, la commune de Creil compte 21,1 % d'étrangers parmi ses habitants, 15,6 % des actifs ayant un emploi y sont des étrangers, et 25,7 % des Creillois sont issus de l'immigration[132].
La population de la commune est relativement jeune. En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 34,8 %, soit en dessous de la moyenne départementale (37,3 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 25,0 % la même année, alors qu'il est de 22,8 % au niveau départemental.
En 2018, la commune comptait 7 110 hommes pour 7 781 femmes, soit un taux de 52,25 % de femmes, légèrement supérieur au taux départemental (51,11 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.
La population active de Senlis est de 8 105 personnes, soit un taux d'activité de 76,0 % pour les habitants de quinze à soixante-quatorze ans qui étaient au nombre de 10 661 en 2007. (Rappelons que les élèves, étudiants et stagiaires non rémunérés comptent aussi parmi la population inactive ; ils représentaient 9,0 % à Senlis en 2007.) Ce taux d'activité est légèrement supérieur à celui de l’Oise, qui est de 72,8 %. En 2007, la population active se répartissait comme suit selon les catégories socio-professionnelles:
Senlis - Population active selon la catégorie socio-professionnelle (y inclus les chômeurs)
et salaire net horaire moyen, données pour 2007
Agriculteurs exploitants |
Artisans, commerçants, chefs d'entreprise |
Cadres et professions intellectuelles sup. |
Professions intermédiaires |
Employés | Ouvriers | Ensemble | ||
---|---|---|---|---|---|---|---|---|
Senlis | Part de la catégorie | 0,1 % | 3,5 % | 22,2 % | 24,7 % | 30,7 % | 18,3 % | 100,00 % |
Salaires dans la catégorie | non renseigné | non renseigné | 31,70 € | 14,80 € | 10,30 € | 10,10 € | 16,60 € | |
Oise | Part de la catégorie | 0,9 % | 4,4 % | 11,8 % | 24,2 % | 29,2 % | 28,5 % | 100,00 % |
Salaires dans la catégorie | non renseigné | non renseigné | 24,60 € | 14,00 € | 9,80 € | 10,00 € | 12,80 € | |
Source des données : Insee[135] |
Il est important de rappeler que les présentes données ne correspondent pas aux personnes travaillant à Senlis, mais aux actifs habitant Senlis, qu'ils travaillent dans la commune même ou ailleurs. - L'on constate que les cadres sont deux fois plus représentés à Senlis qu'ailleurs dans le département, au détriment des ouvriers. Les salaires dont bénéficient les Senlisiens dépassent la moyenne départementale pour toutes les catégories sauf pour les ouvriers ; pour le groupe des cadres, la différence du niveau de salaire est éclatante.
Ces différences se reflètent également dans le niveau de formation. En effet, seulement 23,3 % des Senlisiens non scolarisés de quinze ans ou plus n'ont aucun diplôme ou seulement l'ancien Certificat d'études primaires ; dans l’Oise, 34,6 % des habitants se trouvent dans cette situation. En même temps, 19,5 % des Senlisiens disposent d'un niveau supérieur au bac +2, niveau qu'atteignent seulement 8,7 % des habitants de l’Oise. En revanche, les détenteurs d’un CAP ou d’un BEP sont plus rares à Senlis (18,1 %) que dans l’ensemble du département (25,2 %), ce qui peut expliquer qu’en dépit d’un niveau de salaire au-dessus de la moyenne départementale, les ouvriers senlisiens ne gagnent pas davantage que leurs homologues des autres communes de l’Oise.
La part des ménages non imposés était de 32,0 % en 2008, soit un cinquième moins que dans l’Oise, où ce chiffre atteint les 39,7 %. Au 31 décembre 2009, le nombre des chômeurs des catégories A, B et C était de 766, ce qui équivaut à un taux de chômage de 9,45 % par rapport au nombre des actifs recensés en 2007. Sur le plan départemental, ce même taux était alors de 13,2 % ; chômage structurel dans un département qui ne présentait qu’un indicateur de concentration d’emploi (rapport entre le nombre d’emplois et le nombre d’actifs) de 81,6 en 2007. Sur le plan du développement pluriannuel du chômage, Senlis ne se distingue pas de la tendance globale dans l’Oise, avec une baisse de 2004 à 2007 et une hausse depuis, et un chômage touchant largement plus les femmes que les hommes, et plus les jeunes jusqu’à vingt-cinq ans que les personnes de cinquante ans ou plus.
En 2010, le revenu fiscal médian par ménage était de 34 065 €[136].
Les retraités représentent 28,4 % de la population totale de Senlis, soit 1 927 personnes ; ce qui correspond à la situation globale dans l’Oise où les retraités représentent 29,4 % de la population. La différence est toutefois importante par rapport au département proche du Val-d'Oise, qui ne compte que 18,2 % de retraités, connu pour la jeunesse de sa population[137].
Senlis dépend de l'académie d'Amiens et constitue le siège d'une circonscription pédagogique. On compte les établissements d'enseignement public suivants[138] :
Plusieurs établissements privés catholiques sont implantés à Senlis[140] :
Plusieurs établissements de santé sont installés dans la commune :
Outre les médecins recevant uniquement dans les consultations des hôpitaux et cliniques, cinquante-trois médecins spécialistes sont établis à Senlis, représentant toutes les spécialités de la médecine. Ce chiffre n'inclut pas les dix-huit chirurgiens-dentistes et orthodontistes. Le nombre des médecins généralistes est d'une vingtaine[146].
Senlis abrite le siège d'une compagnie de la Gendarmerie nationale dont dépendent les unités de Betz, Creil, Crépy-en-Valois, Nanteuil-le-Haudouin, Pont-Sainte-Maxence et Verberie. La compagnie est composée de cent-soixante-douze militaires au total. La brigade de Senlis comporte un poste permanent à cheval et une brigade canine. Senlis est également le siège d'une police autoroutière, affiliée à l'escadron départemental de sécurité routière de la Gendarmerie[147].
La ville dispose d'une police municipale, composée de dix-huit agents, chargée surtout de la surveillance des espaces publics et de faire respecter les arrêtés municipaux. Elle est dotée d'un pouvoir contraventionnel en matière d'urbanisme, de circulation, de stationnement, d'hygiène et de salubrité. La police municipale intègre une brigade canine et une brigade VTT[148].
Le centre de secours de Senlis, pour sa part, couvre un secteur de quinze communes autour de la ville pour le premier appel et douze communes pour les renforts. Il comprend soixante-huit sapeurs-pompiers, dont vingt-et-un sapeurs-pompiers professionnels et deux sapeurs-pompiers du Service de Santé et de Secours Médical. Ils ont effectué 2 106 sorties de secours en 2010, chiffre qui correspond à la moyenne des dernières années ; avec 211 missions ayant pour objet des incendies[149],[150].
La paroisse catholique Saint-Rieul regroupe dix-sept communes : outre Senlis, Rully, Montépilloy, Raray, Villers-Saint-Frambourg, Villeneuve-sur-Verberie, Brasseuse, Ognon, Borest, Fontaine-Chaalis, Montlognon, Chamant, Barbery, Mont-l'Évêque, Avilly-Saint-Léonard, Courteuil, Aumont-en-Halatte. Elles sont réparties en six communautés[151].
Quatre lieux sont encore utilisés à Senlis pour le culte catholique dans la commune :
Saint Rieul, patron de Senlis, avait jadis son église à Senlis, située au nord de la cathédrale, entre les rues Afforty, Saint-Rieul et cours Thoré-Montmorency, sur le terrain de l'actuelle école Notre-Dame ; ce fut l'une des huit églises paroissiales de Senlis, et la plus grande après la cathédrale. Elle fait partie des trois églises paroissiales disparues à la Révolution, avec Sainte-Geneviève et Saint-Étienne[g 10]. Les autres paroisses étaient Saint-Martin (jusqu'à la démolition de son église en 1589 lors de la guerre de la Ligue)[g 11], Saint-Hilaire (rattachée à Saint-Pierre en 1706), Saint-Pierre et Saint-Aignan.
Une communauté protestante évangélique est par ailleurs présente dans la commune[152].
La vie sportive de Senlis est animée par un grand nombre d'associations, au nombre d'une trentaine : « A.U.Q.S. », club d'Aïkido, « Amicale Laïque Senlisienne », « Amicale Pétanque de Senlis », « Association Rythmique de Senlis » (A.R.S.), « Association Sportive des Fours à Chaux », « Badminton Club Senlisien » (BCS), club de basket-ball, « Bei Long Quan » (Wushu), « Billard Club Senlisien », Centre Equestre de Senlis, « Cercle des Nageurs de Senlis », « Cercle d'Échecs de Senlis », « Compagnie d'Arc du Bastion de la Porte de Meaux », « Compagnie d'Arc du Montauban », Escrime « Les 3 Armes de Senlis », « Groupe Sportif Senlisien », « Gymnastique Féminine », « Haltérophilie-Musculation-Force athlétique-Culturisme », club de handball, club de judo, « L'Étoile de mer Senlisienne » (EDMS, club de plongée sous-marine affilié à la FFESSM), « Rugby-Club », « Shoto Karaté Senlis », Taekwondo PPW Senlis, « Tennis Club Municipal de Senlis », club de tennis de table, « Union Sportive Municipale Senlisienne » (USM) (football), « Vélo Club de Senlis », club de volley-ball[153].
La commune compte 4 426 licenciés dans 44 disciplines différentes. 14 équipes et 25 individuels jouent au niveau national, 16 équipes et 49 individuels jouent au niveau régional[154].
La ville dispose de trois complexes sportifs qui regroupent plusieurs équipements. Le plus important, nommé « Yves Carlier », se trouve près du centre-ville, au nord-ouest. Ce complexe est également proche des faubourgs Val-d'Aunette et Villevert. Il comprend notamment le vélodrome Turquet de la Boisserie avec une piste d'athlétisme, une piscine couverte, un gymnase et trois courts de tennis couverts, ainsi qu'une salle d'escrime, une salle d'haltérophilie, une salle de tennis de table, des courts de tennis extérieurs et un skate-parc.
Un deuxième grand complexe se situe à l'extrémité sud de la ville, au quartier Brichebay. Il comprend également un gymnase, mais est orienté surtout vers le football (3 terrains), le rugby (2 terrains) et l'équitation, avec un centre équestre. Un parcours de santé extérieur a également été aménagé à Brichebay.
Le troisième complexe, nommé « les Trois Arches », se situe dans la zone industrielle et regroupe les salles pour les arts martiaux (judo, karaté, kung-fu). Il propose aussi une salle de gymnastique, mais pas de gymnase.
Quatre gymnases, autre ceux du complexe Yves-Carlier et de Brichebay, sont en outre réparties dans la ville : un près des lycées Hugues-Capet et Amyot-d'Inville ; un près du collège de la Fontaine-des-Prés à Villevert ; un près du collège Bon-Secours ; et un au quartier Val-d'Aunette, près de l'école primaire Anne-de-Kiev. L'école du Centre n'a aucun gymnase à proximité.
Senlis possède une piscine découverte, connue comme la piscine d'été, à l'est de la ville. Reste à mentionner les deux stands de tir à l'arc, qui ont par ailleurs plusieurs siècles d'existence, sur la bastion de la porte de Meaux (1619) et au pied de la tour du Jeu d'arc (1730)[155], où existe également un stand de tir sportif. Un deuxième stand de tir existe au nord-ouest de la ville, à l'endroit de l'ancien Clos de la Santé[156]. En conclusion, la plupart des sports peuvent être exercés à Senlis et chaque quartier dispose d'équipements sportifs, mais les équipements pour un même sport sont presque toujours concentrés en un unique endroit, exception faite des gymnases.
En juin 2009[157], la dissolution du 41e régiment de transmissions a coûté plus de six cents emplois militaires et civils à la ville[158].
En 2007, les différents employeurs de Senlis, tous secteurs confondus, pourvoient 8 864 postes salariés, ce qui représente 3,67 % des postes salariés de l’ensemble du département de l’Oise. Le nombre de postes salariés dépasse la population active de la commune, 8 106 en 2007, de 9,4 %. Outre les postes salariés, ont été recensés 1 703 autres emplois (chefs d’entreprises ou indépendants notamment), si bien que le nombre d’emplois à Senlis dépasse de 30,4 % le nombre des actifs parmi les habitants. Ne tenant pas compte des chômeurs parmi les actifs, l’indicateur de concentration d’emploi atteint ainsi 141, comparé à 81,6 seulement sur le plan départemental.
Ces constats mettent en relief la fonction centrale et le dynamisme de l’économie de Senlis, qui contraste très fortement avec l’ensemble de l’Oise, département qui ne pourvoit que 281 243 emplois pour 384 922 actifs (qu’ils aient un emploi ou non). La fonction centrale de Senlis est également soulignée par la proportion extraordinaire des habitants travaillant dans la ville même : 42,6 % des actifs ont un emploi à Senlis par rapport aux 24,9 % des actifs du département de l’Oise travaillant dans leur commune de résidence. Cependant, comparé au chef-lieu de Beauvais, qui présente un indicateur de concentration d’emploi de 183,5 avec 72,8 % des habitants travaillant dans la ville même[159], ou à Compiègne[160], Senlis s’en sort moins bien. Comparé à Creil[161], considéré comme centre économique majeur de l’Oise, Senlis est mieux positionné (sans oublier qu’une comparaison avec la commune de Creil est problématique, car la ville forme une agglomération homogène avec trois autres communes, qu’il faut analyser dans son ensemble). En somme, Senlis ne peut être considéré comme étant particulièrement dépendant du bassin d'emploi de Paris et sa proche banlieue, mais du fait que de nombreuses petites communes voisines ont une importance économique négligeable, beaucoup de postes à Senlis sont occupés par des habitants des environs, si bien que 30,3 % des actifs senlisiens travaillent en Île-de-France ou dans une autre région.
Senlis comptait au total 886 entreprises et 1 305 établissements au 1er septembre 2009, soit 419 employeurs qui ne sont pas des entreprises (professions libérales, indépendants, succursales d’entreprises sises ailleurs, administrations et établissements publics)[162].
Quand on analyse l’importance des différents secteurs de l’économie à Senlis en fonction de leur contribution à l’emploi, l’on remarque que l’industrie est trois fois moins importante à Senlis que dans l’Oise (7,1 % contre 22,7 %). Le même constat s’impose pour le secteur de la construction (3,1 % contre 10,4 % des emplois dans l’Oise). Sur le plan du secteur tertiaire (hors fonction publique, enseignement, santé et action sociale), Senlis se démarque de la moyenne départementale avec 52,2 % des emplois dans ce secteur, qui ne contribue qu’à 39,0 % des emplois sur le plan départemental. Senlis ne détient pas tout à fait à tort sa réputation de ville administrative, puisque le secteur de l’administration publique, de l’enseignement, de la santé et de l’action sociale représente 37,2 % des emplois, par rapport à 30,3 % dans l’Oise. Quant au secteur primaire, il ne joue qu’un rôle marginal à Senlis, avec 0,5 % des postes salariés (1 % dans l’Oise), et l’agriculture proprement dite, limitée à la culture, ne disposait plus que de 184 ha de terres labourables en 2000 (encore 277 ha en 1988), soit 7,7 % du territoire communal.
Concernant la structure des établissements, ceux avec cent salariés ou plus pourvoient 50,6 % des postes salariés à Senlis, ce qui est davantage que dans l’Oise, avec 40,1 %. Les établissements de cinquante à quatre-vingt-dix-neuf salariés pourvoient 12,9 % des postes salariés à Senlis, ce qui correspond à la moyenne départementale, avec 13,0 %. Dans l’ensemble, les soixante-huit établissements d’au moins cinquante postes implantés à Senlis représentent seulement 5,2 % des établissements, mais correspondent à 62,4 % des postes.
Ce sont les établissements de vingt à quarante-neuf postes salariés qui se font plus rares à Senlis, avec 11,9 % des postes, comparés à 16,2 % des postes dans l’Oise. De même, les établissements de dix à dix-neuf postes ne pourvoient que 7,7 % des postes salariés à Senlis, comparé à 10,4 % dans l’Oise ; par ailleurs, les 684 salariés travaillant dans des établissements de cette taille à Senlis sont moins nombreux que les 732 indépendants et chefs d'entreprise. Curieusement, les salariés dans les petits établissements de moins de dix postes sont environ deux fois plus nombreux, et l’on peut faire le même constat pour l’Oise. Comme le démontre le tableau ci-dessous, les établissements de moins de dix salariés pourvoient trois emplois en moyenne)[162]. Alors que l’on peut constater les mêmes difficultés pour les petites entreprises de dépasser cette taille sur le plan départemental, les entreprises de dix à quarante-neuf postes semblent rencontrer des conditions moins favorables à Senlis, ce qui est vraisemblablement lié à la cherté de l’immobilier, car des surfaces d’implantation économique sont disponibles[163].
Le tableau ci-dessous présente le nombre d’établissements (entreprises et autres) implantés à Senlis, selon le secteur d’activité et la catégorie de taille de l’établissement. Le tableau indique également le nombre des postes salariés en dessous du nombre d’établissements[164].
Senlis - Nombre d'établissements actifs par secteur d'activité et par taille de l'établissement (selon le nombre de salariés)
Nombre de postes salariés par secteur d'activité et par taille de l'établissement -
Nombre d'emplois par secteur d'activité
Nombre d'établissements |
% | Sans salariés | 1 à 9 salariés |
10 à 19 salariés |
20 à 49 salariés |
50 salariés ou plus |
100 salariés ou plus |
Nombre d'emplois (salariés ou pas) | |
---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
Agriculture, sylviculture et pêche | 25 | 1,9 | 14 … |
10 18 salariés |
0 … |
1 23 salariés |
0 … |
0 … |
55 |
Industrie | 44 | 3,4 | 15 | 14 42 salariés |
6 75 salariés |
6 187 salariés |
0 … |
3 328 salariés |
647 |
Construction | 73 | 5,6 | 37 | 30 90 salariés |
5 63 salariés |
0 … |
0 … |
1 120 salariés |
310 |
Commerce et réparation auto | 237 | 18,2 | 106 … |
109 321 salariés |
6 77 salariés |
8 255 salariés |
8 317 salariés |
non rens. 1375 salariés |
2 582 |
Transports et services divers | 656 | 50,3 | 393 … |
244 828 salariés |
20 264 salariés |
8 176 salariés |
1 65 salariés |
3 945 salariés |
2 671 |
Administration publique, enseignement, santé, action sociale | 269 | 20,6 | 167 | 56 195 salariés |
15 205 salariés |
14 417 salariés |
17 760 emplois |
non rens. 1 718 salariés |
3 462 |
TOTAL | 1305 | 100,0 | 732 | 453 1 494 salariés |
52 684 salariés |
35 1 058 salariés |
33 1 142 salariés |
non rens. 4 486 salariés |
9 596 |
Sources des données : Insee - au 31 décembre 2008[162] Des 10 567 emplois à Senlis en 2007, 971 emplois échappent aux définitions statistiques du présent tableau, ne pouvant être attribués à des établissements. |
Les grandes entreprises de Senlis sont implantées pour la plupart dans la zone industrielle dans le triangle entre la RD 330 et la RD 1324, à l’est de la ville (60 entreprises environ). Elle a été aménagée à la fin des années 1960. S’y ajoute une zone d’activités tertiaires, la ZAC des Rouliers, créée en 1991 au carrefour de la RN 330 avec la RD 1324, dont la création fut un échec : l'on n'y trouve qu'un immeuble d'affaires vacant[165]. Finalement, deux entreprises du domaine du commerce sont implantées au nord de Villevert, au coude de la RD 1330 (déviation nord-est de Senlis) ; il s’agit du centre commercial Intermarché et d’Office Depot, anciennement Guilbert (fournitures de bureau, siège social)[163].
La commune héberge une unité de méthanisation agricole qui transforme des cultures intermédiaires à vocation énergétique et des déchets de l'industrie agroalimentaire en biométhane injecté dans le réseau de gaz naturel à raison de 200 Nm3/h[166].
Sur le plan de l’industrie, les principales entreprises présentes à Senlis sont :
Office Depot (fournitures de bureau)[167].
Electrolux (fabrication d’appareils électroménagers, distribution / commerce de gros pour le groupe et logistique, 870 salariés[168]),
Fermod (ferrures et accessoires pour l’industrie du froid, l’un des deux sites de production, 120 salariés[169]), et
Planet-Wattohm (systèmes de canalisations électriques, 115 salariés[170]).
S’y ajoute, dans le secteur de la construction, Arcelor construction France (constructions métalliques).
Sur le plan des services, il faut citer en premier lieu la SANEF (centre d'exploitation régional), employeur le plus important de Senlis du secteur privé[171], mais aussi le CETIM (Centre technique des industries mécaniques, direction générale) et le centre de formation professionnelle Proméo. D’autres entreprises importantes sont Electrolux (voir ci-dessus, pour les activités distribution et logistique), Keolis Oise (transport routier de voyageurs, siège de la filiale et centre d’exploitation, 220 salariés[172]), Valfrance (coopérative agricole, commerce de gros de produits agricoles, 130 salariés environ[173]) et Eurovoirie (entretien, distribution et location de camions-bennes à ordures, de balayeuses et de laveuses, siège social, près de 100 salariés).
Le secteur des services est également marqué par les quatre-vingt-deux commerces sur la commune (en 2007, sur les 237 établissements recensés par l’INSEE sur le domaine du commerce et de la réparation auto au 1er janvier 2009)[174]. Ces commerces sont essentiellement situés en centre-ville et dans le faubourg Saint-Martin, Senlis ayant échappé à la délocalisation des principales activités de commerce de détail vers de zones en dehors du centre-ville, avec la proximité de la zone commerciale régionale de Saint-Maximin (Oise) qui draine toutefois une partie de la clientèle senlisienne.
Sur le plan du secteur de l’administration publique, de l’enseignement, de la santé et de l’action sociale, Senlis compte plusieurs établissements importants, dont en premier lieu le centre hospitalier de Senlis avec 1 000 emplois (personnels de santé et administratifs confondus)[175], et les différentes administrations que Senlis doit à sa fonction de chef-lieu d’arrondissement.
En 2015, alors qu'une cinquantaine d'entreprises seraient déjà engagées dans la biomimétique en France, avec près d'une centaine de projets de recherche en cours[176], un Centre européen d’excellence en biomimétisme (Ceebios) s'est implanté à Senlis. Il est présidé par Gilles Bœuf, président du Muséum national d'histoire naturelle, et vise à associer la recherche fondamentale d’État, la recherche appliquée, des entreprises et des ONG intéressées par le sujet, au sein d'un projet de développement économique et scientifique de cette science et technique émergente, en favorisant la transdisciplinarité[177]. Il organise aussi des formations. Il est organisé en quatre pôles (recherche, congrès / conférences, formation et Business Campus (ouvert aux startup, PME et TPE, avec des bureaux, services associés et centre de télétravail)[178].
Aux XIXe et XXe siècles, Senlis s'était fait une spécialité du « recyclage utilitaire » de ses anciens édifices religieux : église Saint-Pierre transformée en marché couvert, collégiale Saint-Frambourg convertie en atelier de réparation automobile, église Saint-Aignan utilisée comme théâtre puis comme cinéma, couvent des Carmes aménagé comme caserne… Certains de ces vénérables monuments ont depuis lors retrouvé une affectation plus conforme à leur valeur historique. D'autres se trouvent dans un état de dégradation ne permettant plus l'accueil du public sans que des travaux de restauration aient été engagés.
En raison de la richesse exceptionnelle du patrimoine de Senlis, le présent chapitre ne reprend que les monuments classés ou inscrits Monuments historiques, à l'exception toutefois de ceux qui ne sont pas ou seulement très partiellement visibles depuis le domaine public. Ces monuments sont traités dans un article détaillé, qui fournit également de plus amples informations sur les bâtiments décrits ci-dessous et ne possédant pas d'article consacré.
Senlis possède quatre musées dont deux labellisés musées de France :
En 1972 sont créés les Rendez-vous de septembre. Cette manifestation culturelle rendait la ville piétonne le temps d'un week-end de septembre les années impaires, laissant découvrir au public les jardins et les hôtels particuliers cachés derrière les portes-cochères. Elle inspira les journées du Patrimoine à l'échelle nationale. La dernière édition a eu lieu en 2007, le maire Jean-Christophe Canter souhaitant faire l'économie des dépenses qui y étaient liées pour la ville[232]. Toutefois, le concept continue de vivre sous la forme des journées du Patrimoine, le dernier week-end d'été.
Le salon du jardin, vers le mois d'avril, et le Marché de Noël se tiennent tous les ans autour de l'église Saint-Pierre.
Senlis ne possède qu'une seule salle de cinéma, la salle « Jeanne d'Arc » classée Art et Essai en 2007, comptant deux cent vingt-sept places. Elle est gérée par l'« association Salle Jeanne d'Arc » et propose une programmation particulièrement variée, six jours sur sept, avec deux à trois séances par jour. Une large place est donnée aux films en version originale et au cinéma d'auteur. Le jeudi, la salle accueille des représentations théâtrales, des concerts, des conférences et divers spectacles. Le tarif n'a pas été augmenté depuis 2003[233].
La société savante de Senlis et de son arrondissement s'est constituée le 29 novembre 1862 au collège Saint-Vincent de Senlis, autour d'un médecin et d'un enseignant (Jean-Baptiste Voillemier et l'abbé Fortuné Magne) sous le nom de Comité archéologique de Senlis. À l'origine, le comité n'est qu'une simple branche locale de la Société des Antiquaires de Picardie (fondée en 1836) qui possède déjà des antennes à Beauvais et Noyon. Comme le laissent entendre ses publications et sa devise (Antiquam Exquiere Matrem : retrouver la mère antique), le terme d'archéologie est entendu dans un sens très large, s'étendant sur toute la recherche historique. Le premier article de son règlement définit ses missions : « Le Comité archéologique de Senlis se propose de rechercher, découvrir et conserver les monuments historiques et les œuvres d'art qui intéressent la ville de Senlis et ses environs ». Dès le début 1864, le comité compte soixante-quatorze membres[234]. Les membres sont, pendant les trente premières décennies, uniquement masculins. Les ecclésiastiques et notables sont particulièrement actifs dans les premiers temps de la recherche historique ; ils représentent en effet les principales classes sociales ayant effectué des études universitaires. Une fois par an, le Comité publie un volume de ses Comptes-rendus et mémoires regroupant les comptes-rendus des réunions mensuelles de l'année passée, ainsi qu'une sélection des études historiques élaborées par les membres, ayant passé au préalable l'examen critique d'un comité de lecture. Ce sont les mémoires, dont la plupart sont conformes aux règles de la recherche scientifique.
Le périodique annuel du Comité atteint, jusqu'à la Première Guerre mondiale, un nombre de pages rarement en dessous des deux cents, et s'approchant des cinq cents pour les meilleures années. C'est là l'un des héritages que nous laissent les premières générations de chercheurs, les autres étant la découverte des "Arènes", amphithéâtre gallo-romain, le 2 février 1865 par son membre Félix Vernois suivi de leur achat par le Comité[235], ainsi que le rassemblement d'une partie considérable de la collection du Musée d'art et d'archéologie de Senlis, issu du musée du Comité dans l'ancien Éveché[236] puis dans le logis du Haubergier. Autour de 1900, le Comité archéologique est très dynamique, avec près de cent-cinquante membres, et le bulletin parait tous les ans jusqu'à l'éclatement de la Première Guerre Mondiale, avec six exceptions seulement. En 1919, l'association prend le nom de Société d'histoire et d'archéologie de Senlis[237]. Tandis que le nombre des adhérents ne décroît pas, les finances de la Société ne permettent plus que la publication d'un bulletin bisannuel, puis trisannuel pendant les années 1930, et les mémoires se réduisent à de brefs résumés d'un petit nombre d'études, voire disparaissent. Cette situation empire encore dans l'après-guerre, quand le bulletin se réduit à un mince cahier aux caractères minuscules, avec des études dépassant rarement les deux pages. Ce n'est qu'au cours des années 1970, avec la renaissance d'une conscience pour la valeur du patrimoine historique, que la publication se régularise et prend de nouveau une certaine importance. Les Comptes-rendus et mémoires paraissent tous les deux ans depuis 1998[238]. En 2012, la Société d'Histoire et d'Archéologie de Senlis a fêté son 150e anniversaire, ce qui en fait une des plus anciennes sociétés savantes de France. Cet événement a été fêté lors du colloque organisé sur les lieux mêmes de sa naissance, au cœur de l'ancienne abbaye Saint-Vincent, au cours duquel a été évoqué le rôle de la Société dans les domaines des fouilles archéologiques, de la recherche universitaire, de l'édition, des musées, de la vie sociale… Une exposition, coorganisée avec la Bibliothèque Municipale, a pu présenter les trésors méconnus des archives et de la bibliothèque de la Société. La reconnaissance de son rôle primordial dans l'enrichissement des collections s'est traduite par une signalétique particulière intégrée aux cartels du Musée d'Art et d'Archéologie entièrement rénové et qui signale les objets provenant de la société.
Installée depuis le XIXe siècle dans le bâtiment de l'ancien grand séminaire de Senlis, elle offre tous les services modernes d'un établissement de lecture publique multi-supports. Mais son originalité réside dans l'importance des fonds patrimoniaux conservés dans ses murs. Issue des confiscations des biens ecclésiastiques et des émigrés sous la Révolution française, un important fonds de livres anciens (env. 10 000 volumes) constitue un remarquable ensemble[239].
Le cadre historique de Senlis, aux ruelles anciennes pavées, ainsi que la proximité de Paris ont fait de la ville un grand lieu de tournages cinématographiques[250]. On peut citer :
Les armes de Senlis se blasonnent ainsi : De gueules au pal d'or. Devise : IGNE ET SANGUINE MEO VICTORIAM GENUI (J’ai obtenu la victoire par le feu et par mon sang)[256] |
« Senlis, petite ville du Valois, dans la Haute-Picardie »